Sensibilité périphérique -2- Transfert de l’information vers l’encéphale

Résumé : le transfert des informations sensitives (région céphalique exclue) s’opère par l’intermédiaire de de la moelle épinière, puis du tronc cérébral avant d’atteindre le cortex cérébral ; les sensibilités fines d’une part et les sensibilités grossières et douloureuses d’autre part ne suivent pas exactement le même chemin, mais elles se rassemblent à la base de l’hémisphère cérébral opposé dans une formation de substance grise, le thalamus, avant de se déployer vers le cortex appelé somesthésique qui est le récepteur de la sensibilité de l’hémicorps opposé ; cette disposition explique pourquoi une lésion de ce cortex provoque des troubles sensitifs controlatéraux.

Les sensibilités discriminatives et proprioceptives conscientes transitent par la voie lemniscale (fig 1) ; les sensibilités grossières, thermiques et douloureuses par la voie spinothalamique (fig 2).

Les schémas ci-contre montrent que par des voies différentes tous ces influx sensitifs se terminent sur le cortex cérébral du côté opposé expliquant qu’une anesthésie ou à un moindre degré une hypoesthésie se produisent toujours du côté opposé à la lésion encéphalique.

1 – La voie lemniscale (fig 1) s’organise en deux cordons de chaque côté (4 pour les deux côtés) ; ces cordons se situent à la partie postérieure de la moelle en arrière de la substance grise ;le cordon le plus interne transporte les fibres issues des membres inférieurs et le plus externe celles venant du tronc, des membres supérieurs et du cou, ce dernier ne se remarquant clairement qu’à partir de la moelle dorsale ; le premier prend le nom de faisceau gracile (fg) ; le second de faisceau cunéiforme (fc) :

Ces faisceaux sont particulièrement bien individualisés au niveau du renflement cervical de la moelle (RCM) qui correspond à l’arrivée et au départ de l’ensemble des fibres nerveuses qui innervent les membres supérieurs.

Ces cordons lemniscaux montent jusqu’à la partie moyenne du bulbe rachidien (BRM) vu ici en coupe où ils se terminent sur deux noyaux situés tout à l’arrière du bulbe : le noyau gracile (ng) reçoit le faisceau gracile ; le noyau cunéiforme (nc) ; reçoit le faisceau cunéiforme ; à partir de ces noyaux les neurones de deuxième ordre vont très vite croiser la ligne médiane pour passer du côté opposé et monter directement vers le thalamus correspondant (TH) ; ce changement de côté appelé aussi décussation sensitive (ds) a lieu un peu au dessus de la décussation motrice (DM X) qui se produit plus bas à la partie toute inférieure du bulbe ; en effet au niveau de la décussation sensitive les fibres motrices (en rouge) rassemblées dans les pyramides bulbaires (PB) n’ont pas encore changé de côté.

Les neurones de deuxième ordre font synapse dans le gros noyau ventrolatéral du thalamus correspondant (nvl) ; ils y font synapse avec des neurones de troisième ordre qui conduisent l’influx aux aires sensorielles corticales correspondantes (voir « Sensibilité périphérique -3- Réception de l’encéphale »).

2 – La voie spinothalamique (fig 2 ). Les neurones de deuxième ordre naissent d’une synapse initiale avec les neurones sensitifs périphériques dans la corne postérieure de la moelle ; les axones de ces neurones traversent la substance grise et joignent le côté opposé en passant devant le canal central de la moelle ; de là ils gagnent le faisceau spinothalamique (fst) controlatéral situé devant la corne antérieure ; la montée dans la moelle est alors directe jusqu’ au noyau (déjà vu) ventrolatéral (nvl) du thalamus ; ainsi après avoir été assez éloigné de la voie lemniscale dans le bulbe (voir la coupe au niveau bulbaire) le faisceau spinothalamique finit par la rejoindre ; à noter qu’ il n’y a pas de cordon spécifique aux parties supérieure et inférieure du corps pour cette voie.

Les neurones de troisième ordre naissent donc de ce même noyau thalamique mais les synapses se font avec des neurones qui leur sont propres et non avec ceux dédiés à la voie lemniscale ; ils se terminent en partie sur le cortex sensitif mais aussi sur des structures adjacentes indiquées dans Sensibilité périphérique -3- Réception de l’encéphale.

Éditorialiste
Dr François PERNOT

Médecin Chirurgie Générale retraité

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