Séquelles invisibles du traumatisme crânien


Cette page a été rédigée pour aider les familles de traumatisés crâniens à mieux comprendre les troubles neuro- psychologiques qui peuvent modifier de façon plus ou moins importante le comportement de leur blessé. Ils concernent surtout les TC sévères et certains TC modérés ou légers chez lesquels ils se présentent alors sous une forme atténuée mais assez caractéristique.

Les séquelles “invisibles ” du traumatisme crânien correspondent aux séquelles neuropsychologiques dites encore “cognitives” ; elles se manifestent par un ensemble de troubles qui peuvent ne pas apparaître évidents au premier abord.

Ces séquelles, très déroutantes pour l’entourage ne correspondent pas à des troubles psychiques (même si certains peuvent s’y trouver intriqués) mais à d’authentiques lésions cérébrales causées par le traumatisme.

Plus évidentes et plus graves dans les TC sévères, elles peuvent se révéler parfois à la suite d’un TC modéré, voire léger (cf. syndrome postcommotionnel du TCL) et handicaper plus ou moins sérieusement la vie sociale et professionnelle de certains d’entre eux.

La prédominance de l’atteinte des lobes frontaux dans le TC explique en partie la relative spécificité de ces séquelles ;

 

Plan :

L’atteinte de la mémoire est le handicap le plus fréquemment rencontré

  • la mémoire de travail est la plus fragile ; mémoire immédiate et de “stockage” limité dans le temps, elle permet de retenir les informations nécessaires à la réalisation d’une tache quelconque, manuelle ou intellectuelle ; sa défaillance peut être particulièrement handicapante au moment du retour dans la vie professionnelle .
  • la mémoire épisodique est la mémoire des événements de la vie : des plus lointains aux plus récents (mémoire autobiographique) ; dans le TC l’atteinte concerne surtout les événements qui se sont produits après l’accident (mémoire antérograde) par rapport à ceux d’avant l’accident, souvent préservés (mémoire rétrograde) ; lorsque l’atteinte est sévère elle peut causer de perturbations importantes dans la vie de tous les jours ( difficulté plus ou moins grande de la reconnaissance des lieux, des trajets etc…).
  • la mémoire sémantique est la mémoire des apprentissages théoriques accumulés au fil du temps grâce à l’éducation, l’enseignement, l’expérience etc… C’est une mémoire assez solide mais elle peut poser un problème d’encodage (acquisition) notamment chez l’enfant traumatisé crânien avec des difficultés à enregistrer de nouvelles notions, en raison de déficits en mémoire de travail et en ressources attentionnelles.
  • la mémoire procédurale est la mémoire des procédures apprises et devenues automatisées; fixée dans des zones profondes du cerveau, elle est le plus souvent préservée dans le TC.

L’ atteinte des processus attentionnels aggrave les troubles de la mémoire et inversement

  • l’attention sélective dirigée sur un seul sujet à la fois peut être perturbée ou empêchée, surtout si elle n’est pas étayée par
  • l’attention soutenue dont l’atteinte est à mettre en partie sur le compte de la fatigabilité quelquefois intense chez certains TC ; ce handicap presque constant dans les atteintes graves du système nerveux central (et à la limite entre atteinte physique et neuropsychologique) peut aussi se rencontrer après un traumatisme cérébral moins sévère.
  • l’attention divisée ou capacité à se concentrer sur plusieurs sujets à la fois, est la plus entravée en raison de l’importance des ressources cognitives impliquées.

L’atteinte des fonctions exécutives

C’est l’atteinte de la capacité à préparer et enchaîner les étapes d’une action pour “exécuter” une tache même relativement simple ; elle constitue souvent un handicap invalidant aussi bien dans la vie sociale que professionnelle. Sont en cause les difficultés à formuler un but et à le planifier, à procéder aux vérifications nécessaires à chaque étape et à persévérer quand cela est nécessaire ; à l’inverse le patient TC est parfois bloqué par des persévérations qui consistent à s’acharner sur des obstacles manifestement insurmontables ; et cela en raison de la perte d’une certaine flexibilité mentale.

Les troubles du comportement

ils sont liés à l’atteinte du cortex pré-frontal qui joue un rôle fondamental dans la répression de nos humeurs et donc dans notre adaptation sociale. Suivant les atteintes corticales concernées il existe deux grandes formes théoriques:

  • la forme apathique dans laquelle le sujet reste prostré, sans projet et dans une indifférence affective plus ou moins totale.
  • la forme désinhibée dans laquelle au contraire il fait preuve d’une grande activité mais désordonnée et improductive ; dans cette dernière on retrouve assez souvent un cortège de troubles associés : familiarité anormale, propos déplacés, irritabilité et impatience, intolérance à la frustration, agressivité quelquefois (mais réactionnelle et non préméditée) .

Les formes pures et complètes sont cependant rares ;d’autant que les deux peuvent parfois s’intriquer suivant le moment.

D’autres troubles du comportement peuvent se mêler aux précédents à des degrés divers comme :

  • une anosognosie : non reconnaissance de ses troubles par le patient
  • une anosodiaphorie : indifférence à ses troubles
  • une alexithymie : impossibilité d’exprimer ses émotions
  • une tendance parfois à la prise de risque inconsidéré et au non respect des règles
  • une baisse de l’empathie pouvant être en rapport avec une difficulté à repérer chez les autres les changements d’expression émotionnelle des visages.

 

L’ensemble de ces troubles prend le nom de troubles cognitifs car ils sont liés à des difficultés de compréhension et d’intégration elles-mêmes secondaires aux lésions cérébrales ; cependant le TC reste le plus souvent conscient -au moins en partie- de ses troubles et en souffre ; c’est ainsi que peuvent se développer des souffrances psychiques : diminution de l’estime de soi et de la confiance en soi; pessimisme, défaitisme; sentiments d’incompréhension entraînant un repli sur soi; sentiments d’échec ; irritabilité et labilité réactionnelles .
Ce qui explique l’évolution possible vers des troubles anxieux et dépressifs qui doivent alors être traités.

Les  troubles de la sexualité

Les troubles sexuels ne font en principe pas partie des classiques séquelles invisibles ; souvent traités à part , il nous a semblé qu’ils pouvaient être évoqués ici tant ils relèvent de ces dernières  et particulièrement des troubles du comportement.

Il est difficile d’établir une vue générale des troubles sexuels chez le traumatisé crânien du fait de tableaux cliniques séquellaires  extrêmement variés et de gravités différentes ; en principe le traumatisme crânien atteint rarement une structure cérébrale particulière responsable d’une atteinte spécifique dans le déroulement de l’acte sexuel comme pourrait le faire une atteinte médullaire par exemple; certes il existe dans le cerveau nombre de structures impliquées dans la sexualité : les lobes frontaux, temporaux, pariétaux, occipitaux et limbiques participent chacun à leur façon à la motivation , au désir , au déroulement et à la satisfaction de l’acte sexuel ; l’hypothalamus est le grand coordonnateur des systèmes végétatifs sympathique et para sympathique qui règlent le fonctionnement “mécanique” de l’érection , de la lubrification vaginale , de l’éjaculation, de l’orgasme et de la détumescence ; néanmoins cette chaîne complexe allant de la stimulation psychique  à l’orgasme ou du moins  à un rapport sexuel satisfaisant pour les deux partenaires ne peut être analysée en terme mécaniste ; et il semble bien qu’en matière de troubles sexuels du traumatisé crânien ce n’est pas vers cette recherche qu’il faille se tourner sauf cas exceptionnels; en effet on peut considérer que dans l’ensemble le traumatisé crânien ne présente pas d’incapacité évidente sur ce plan même si les lésions cérébrales sont en cause ; pour l’instant celles-ci  ne sont pas traitables par une action ponctuelle médicamenteuse ou de rééducation ; il y a cependant quelques exceptions signalées en fin de chapitre.

En réalité les troubles sexuels du TC  sont plaqués  pour les uns sur des déficiences physiques  quelquefois considérables qui rendent l’acte sexuel quasi impossible et pour d’ autres sur des troubles du comportement ,  dans le sens d’une apathie ou à l’inverse d’une désinhibition qui rendent  une relation amoureuse normale difficile ; cependant  certaines de ces situations sont susceptibles d’amélioration et un certain nombre de traumatisés crâniens même graves , mais sans troubles importants du comportement peuvent retrouver une vie sexuelle  satisfaisante.
Des trouble sexuels à type de perte de désir ou d’anhédonie  peuvent se rencontrer dans les suites d’un TC léger; ils ne sont évidemment pas liés à une atteinte organique mais à un choc psychologique plus ou moins suivi d’un état dépressif souvent masqué  contre lequel le psychiatre a toute sa place.

Il faut insister sur la souffrance psychologique de beaucoup de jeunes  ( ou de moins jeunes) traumatisés crâniens dans le domaine de la sexualité quand le désir est présent – et il l’est souvent- et qu’ils ne trouvent pas les moyens de le satisfaire en raison de déficiences multiples et du manque de partenaires ; de nombreux troubles psychologiques se multiplient évoluant entre désir, frustration, manque de confiance en soi , anxiété , sentiment de dévalorisation pouvant conduire à un état dépressif ; tous ces états de dépréciation sont du domaine du psychologue ou du psychiatre qui peuvent rendre un grand service dans ces situations.
Un certain nombre de pays étrangers autorisent le recours à des assistants (es) sexuels , même dans des situations de grande dépendance ; cette assistance est pour l’instant interdite en France.

Quelques troubles sexuels sont améliorables sur un plan médical : ce sont d’abord les cas d’hypopituitarisme dont l’apparition insidieuse peut se manifester après tout TC de gravité moyenne à sévère : ce terme désigne des insuffisances hormonales et notamment  à destinée gonadique par altération fonctionnelle et/ou organique de la glande hypophyse  dont le siège intracrânien favorise l’atteinte au cours d’un TC; un dépistage systématique est préconisé au troisième et douzième mois post-traumatique; il n’est pas toujours fait .
Le deuxième cas est celui de l’effet néfaste de certains médicaments sur le plan sexuel : antiépileptiques et neuroleptiques notamment , anxiolytiques et antidépresseurs plus rarement ; il convient d’en avertir le prescripteur pour juger si un changement ou l’arrêt de tel médicament potentiellement impliqué  est envisageable.

Conclusion

L’intégration de ces troubles et handicaps en proportion variable dans la personnalité du sujet entraîne souvent une modification de son caractère faisant dire “que le blessé n’est plus tout à fait le même ni vraiment un autre ” ; ces changements sont souvent perturbants pour les proches.

La prise en charge de ces séquelles invisibles est bien entendu affaire de spécialistes et beaucoup peut être fait pour obtenir des améliorations substantielles ; celles-ci passent essentiellement par des pratiques de rééducation et de palliation (quand la rééducation est insuffisante ) ; une prise en charge psychiatrique est assez rarement indiquée, mais elle peut s’avérer bénéfique quand les troubles psychiques sont importants et surtout en cas d’évolution anxieuse ou dépressive.

Enfin lorsqu’un patient porteur de ce type de séquelles revient chez lui après une absence plus ou moins prolongée et même s’il y a eu le plus souvent des expérimentations ponctuelles (WE à domicile par exemple) la famille peut se trouver très déconcertée par les réactions inappropriées du blessé ; celles-ci concernent de nombreux aspects de la vie relationnelle et sont particulièrement perturbantes dans la vie de couple (relation avec les enfants , sexualité etc…); c’est la raison pour laquelle a été instituée au sein du CHU de Bordeaux (service de médecine physique et réadaptation de l’hôpital Pellegrin) une consultation spécialisée intitulée “consultation handicap et famille” par le Dr JM Destaillats et le Pr JM Mazaux dont on ne saurait trop conseiller aux familles concernées de se rapprocher.

 

Date de la dernière modification : 20 décembre 2019

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48 réflexions sur « Séquelles invisibles du traumatisme crânien »

  1. Bonjour, ma soeur aînée a eu un traumatisme crânien il y a plus de 30 ans lors d’un accident de vélo. En licence, elle n’a pas pu terminer son année d’études. Très violents maux de tête.
    Ma mère (malheureusement décédée) m’a toujours dit que le comportement de ma soeur avait bcp changé : irritabilité, agressivité. ..J’avais constaté l’impossibilité d’échanger avec cette soeur autoritaire et devenue nerveuse, colérique et méchante. Lorsquelle a fait un AVC à 43 ans, notre mére lui a sauvé la vie en appelant les secours. Sa mémoire a été touchée. Fin 2018, cette soeur, aigrie et toxique a fait un faux témoignage pour me nuire. Est-ce possible que ses troubles du comportement résultent de ces 2 accidents ? Merci de votre réponse. Cordialement.

  2. Oui c’est pratiquement certain ; les troubles du comportement après TC grave sont très fréquents et les troubles que vous indiquez assez caractéristiques ; l’AVC n’a pas du arranger les choses mais cet accident est beaucoup moins pourvoyeur de ces troubles que le TC . On ne savait pas tout ça il y a 30 ans ; certaines statistiques actuelles semblent montrer que 50% de personnes incarcérées pour délit grave ont des antécédents de TC….

    1. Bonjour,

      Je suis aussi concerné, avec 2 TC dont 1 EMI, 3 AVC au compteur, plus un cancer. Depuis quelques semaines je suis à nouveau debout, avec une très forte énergie.

      L’on teste depuis 16 mois une solution qui semble efficace sur presque tout ce qui est détaillé ci-dessus. C’est un traitement d’origine militaire US pour retaper les GIs revenus du Golfe, et ça fonctionne très bien. Si vous voulez on en parle…

      1. Très intéressant ;n’hésitez pas à nous faire un résumé ou nous donner l’origine de vos sources
        cordialement
        aftc gironde

  3. Bonjour
    Voila mon conjoint a ete victime d’un traumatisme crânien avec fracture du rocher il y a 12 Jours.
    Les maux de tête s’attenuent de jour en jour mais par contre l’expression de ses émotions envers moi et le goût sont au stade du néant.
    Il va vers nos enfants mais pas vers moi.
    Nous avons rendez-vous que le 1er août avec neuro et on doit revoir le généraliste ce lundi.
    Il a aussi des trous de mémoire sur des moments par exemple de Janvier et mi-Mai.
    Il se souvient que nous sommes pacsés, il me.dit qu’il m’aime comme avant mais il ne me prend pas dans ses bras etc…
    Est-ce que quelqu’un peut m’éclairer ?
    Merci
    Merci

    1. Tout traumatisme crânien un peu sérieux peut provoquer des troubles du comportement plus ou moins durables ; celui que vous décrivez , ainsi que “ses trous de mémoire” sont sans aucun doute en relation avec ce TC ; cependant celui-ci est très récent et tout cela est sans doute transitoire ; votre consultation auprès du neurologue vous éclairera davantage ; en cas de persistance des troubles les médecins de médecine physique et de rééducation avec spécialisation “cérébrolèsions ” sont sans aucun doute ceux qui ont le plus d’expérience des séquelles invisibles.

      1. Voilà j’ai eu un traumatisme crânien sévère il y a 26 ans avec comme principaux séquelles les troubles de la mémoire , des difficultés à communiquer et à me concentrer, une anxiété importante.
        Il y a 5 ans j’ai fait un burn-out puis l’année qui suit une crise d’épilepsie.
        Depuis j’ai l’impression que ma mémoire se dégrade, comme d’ailleurs mon langage qui devient moins clair pour les autres et que mon anxiété grandit.
        Qu’en pensez-vous ?
        Que dois-je faire pour que l’on reconnaisse l’évolution de mon TC ?
        Merci

        1. Vous êtes loin d’être seul dans cette situation ; et vous avez parfaitement le droit de demander une révision en aggravation ; soit par voie judiciaire si vous avez eu une indemnisation initiale par cette voie ; soit par l’intermédiaire de la MDPH dans le cas contraire ; si vous le souhaitez contactez-nous directement à l’adresse suivante : contact@aftc-gironde.org ; il vaudrait mieux que nous communiquions par téléphone car chaque cas est particulier ; donnez-nous alors sur votre mail un N° de téléphone et des plages horaires et de jours de semaine pour vous joindre

  4. Absolument , comme vous pouvez le lire sur la page “traumatisme crânien léger ” ; en principe cela disparaît avec le temps sans que personne ne sache exactement ce qui en est la cause; des microlésions cérébrales invisibles sur l’imagerie médicale restent une source possible mais sans aucune certitude ; de toute façon elles guériront d’elles-mêmes ;cela fait partie du syndrome commotionnel et il n’y a pas de traitement spécifique ;cependant en cas de persistance gênante au delà de trois mois une consultation médicale auprès d’un spécialiste peut s’avérer salutaire : ces spécialistes sont les médecins de médecine physique et rééducation (MPR); si vous le souhaitez nous pouvons vous renseigner : donnez-nous un N° de téléphone où vous joindre et un créneau horaire possible en écrivant à l’adresse mail suivante : contact@aftc-gironde.org

  5. Bonsoir
    Mon frère a eu un traumatisme crânien il y a un an suite à un choc violent sur la tête , il a perdut connaissance et s’est réveillé à l’hôpital .
    Son comportement nous a interpellé très vite il n’était plus le même.
    Récemment il a fait des crises epilepties .il a un traitement medical et à subit des tests qui sont très insuffisant .une atteintes cognitives importantes.
    Il est en arrêt depuis le mois de juin.
    Que devons nous entreprendre pour l’aider niveau medical et qu’elles démarches administratives cote financiers car il va être en demi salaire .
    Merci pour votre aide
    Corinne

    1. Vos renseignements sont trop fragmentaires pour pouvoir vous répondre utilement ; nous vous conseillons de nous laisser un N°de téléphone et créneaux horaires et jours pour vous joindre en nous transmettant ces informations à l’adresse mail suivante : contact@aftc-gironde.org

  6. Mon récent copain a eu un grave traumatisme crânien suite a un accident de voiture.A été 2 semaines dans le coma,,,a du tout réapprendre dans un centre de réhabilitation 1mois. Ça fait 22ans.J arrive dans sa vie ,,,,parfois il est très amoureux,,,,puis peut devenir froid et distant pendant une semaine…Je veux bien comprendre tous ces effets secondaires suite a aussi une médication sévère.Parfois crise d absence momentanée il ne faut pas lui parler ça revient….très grande fatigue en fin de journée et grand besoin de sommeil même 10heures par nuit.J ai besoin de comprendre et si le acupuncture ou autre méthode peut améliorer

    1. Tous ces troubles sont liés clairement à son traumatisme crânien ; seul un médecin spécialisé peut répondre à vos questions :il s’agit des médecins spécialisés en médecine physique et rééducation ayant de plus une orientation sur le traumatisme crânien ; vous devriez pouvoir trouver avec l’aide de votre médecin traitant

  7. Bonjour, et merci pour cet article; j’aimerais pouvoir parler d’un cas personnel. Cela fait plusieurs années que je m’interrogeais sur certains troubles que je vis au quotidien: Troubles de l’attention et de la mémoire immédiate: on m’explique une chose, et je l’oublie instantanément, donnant souvent l’impression de ne pas être attentive à ce que l’on me dit. Douleurs aigües dans la tête, survenant à divers moments sans raisons. Angoisses très fréquentes, irritabilité anormale, je ne supporte ni le bruit ni les chahuts. Tendance à être ”dans ma bulle”, comme une sorte d’autisme, à stresser voire paniquer (avec palpitations cardiaques), dès que trop d’informations se bousculent autour de moi; tout ce qui touche, de près ou de loin, à l’organisation, la planification, m’est très pénible, voire insupportable, comme si mon cerveau ne ”répondait pas”, était incapable de ce genre de tâches. Enfin, je peine à communiquer; dès qu’il s’agit de parler vite, je bloque et angoisse. Il m’arrivais souvent de penser que mon cerveau fonctionnait mal, de ”sentir” que j’avais vécu un traumatisme lointain dans la petite enfance (j’ai 32 ans), mais sans avoir de souvenirs précis. Aussitôt que je me penchais sur la question, (en essayant de me souvenir de quelque chose), j’étais mal à l’aise, et prise d’angoisses… jusqu’à récemment, où lors d’un repas de famille, nous avons évoqué par hasard un accident vécu vers l’âge de trois ans, où j’ai eu la tête violemment cognée contre un sol carrelé. Je n’en ai qu’un souvenir assez vague: je me souviens du choc, et d’avoir crié très fort, puis trou noir. J’ai en outre le souvenir d’avoir vomi un moment après (peut-être une heure ou deux). Une personne de ma famille m’a alors affirmé que j’avais saigné de l’oreille, mais que l’on ne m’avait pas emmenée chez le médecin. On m’avait juste mis de la glace à l’endroit où je m’étais cognée. Se peut-il que mes troubles soient les conséquences de cet accident? Si oui, est-il pertinent de consulter un médecin si longtemps après, ou faut-il juste (comme je le fais déjà), se contenter de vivre avec les séquelles? Merci d’avance.

    1. Il est très difficile de répondre à votre question ; le fait d’avoir perdu connaissance et saigné d’une oreille est en faveur d’un TC modéré qui peut effectivement avoir laissé un certain nombre de difficultés comme celles que vous évoquez ; il peut en effet y avoir eu des lésions cérébrales dont les manifestations n’apparaissent qu’au moment où le cerveau est davantage sollicité (examens , travail professionnel , ou à domicile ) ; il faudrait qu’un membre de votre famille ayant vécu le traumatisme vous donne des indications précises sur la durée de votre perte de connaissance ; votre état ds les heures et jours suivant l’accident pour essayer de mesurer la gravité de l’ébranlement subi ; la hauteur de la chute etc… Même si tous ces renseignements ne seront sans doute pas faciles à obtenir et sujets à caution après un aussi long délai ; de tte façon si vos troubles sont d’origine traumatique il va être bien difficile de les faire régresser (une hospitalisation à l’époque n’y aurait rien changé) mais ils peuvent peut-être s’améliorer avec une prise en charge en thérapie comportementale par exemple ; il serait peut-être utile que vous passiez un scanner cérébral ; il sera surement normal mais certaines anomalies peuvent persister et rester visibles ; parlez-en à votre médecin qui pourrait vous adresser à un neurologue de son choix avant d’aller plus loin.

  8. Bonjour, merci pour l’article. Mon fils, bientôt 17 ans, est tombé il y a un mois sur la tête, il a eu une bosse, disparue. Depuis, il a des maux de tête, et dit qu’il oublie (cours de maths….), il passe son bac cette année. Dois je m’inquiéter? Quel spécialiste dois consulter?

    1. Vous trouverez une partie de la réponse sur notre site à la page “traumatisme crânien léger” ; les spécialistes de ce problème sont les médecins de médecine physique et rééducation spécialisés dans le traumatisme crânien ; ils ne sont pas très nombreux , nous vous conseillons de passer par votre médecin traitant ; en l’absence de ces spécialistes dans votre région ou de rendez-vous trop lointains un accompagnement par un psychologue est souvent utile.

  9. Bonjour
    Merci pour votre article.
    J’ai eu un petit choc à la tête il y a maintenant 4 ans.
    Perte de mémoire des jours qui ont précédés et suivi ce choc (de 2 à 3 jours)

    Cela fait maintenant plusieurs années que je remarque quelques petits changements dans ma vie j’aimerais savoir si c’est à votre avis lié.

    Mes symptômes : lors de rotation rapide de la tête (gauche à drôite ou étirement en cercle de la nuque) sensation de flou et vertige (beaucoup plus qu’avant)

    Beaucoup de fourmillement dans les mains – jambes

    Légers Vertiges fréquent

    Mal de nuque fréquent

    Accoufen fréquent (possiblement lié à mon métiers – musicien pro)

    Sur le changement de comportement c’est très difficile de se prononcer
    Mais je dirais : se braque facilement sur des reproches
    Du mal à se concentrer (depuis longtemps mais peut être plus maintenant)
    Il m’arrive parfois de m’énerver très fort
    Peut être moins d’empathie qu’avant
    Aime Prise de risque
    Prend beaucoup de chose à la rigolade

    Le portrait tiré comme ca n’est pas terrible mais j’ai vraiment essayé de pointer ce qu’il cloche !
    Que faut t il faire et qui consulter si à votre avis c’est lié ?
    Merci pour votre réponse

    1. vos troubles sont sans doute liés à votre traumatisme crânien ; il vous faudrait consulter un médecin de médecine physique et rééducation spécialisé dans la cérébrolésion ; à défaut un neurologue ; parlez -en à votre médecin traitant

    2. Bonjour,
      J’ai les mêmes symptômes que vous, avez vous consulter un professionnel ? Vous a-il éclairé ?
      Je n’ai appris que tout récemment que tout ce que je vis depuis 6ans maintenant étaient les conséquences d’un traumatisme crânien. J’ai cherché toutes les explications possibles, vu plusieurs psy et autres professionnels de santé, personne n’avait évoqué cette possibilité. Et maintenant c’est une évidence, ça donne un sens à tous ce que j’ai vécu ses dernières années.

  10. Bonjour, j’ai fait un malaise il y a un mois avec perte de connaissance… Du coup, j’ai chuté des toilettes et me suis tapée la tête sur le meuble du lavabo… Perte de connaissance entre 3 et 5 min mais sans lien avec le TC. 7 points de suture sur le front, nausées importantes pendant 2 jours + céphalées. Aujourd’hui, je reste très fatiguée et je n’ai pas retrouver mon dynamisme… J’appréhende mon retour au travail. Je suis infirmière. Cet état de fatigue va t’il s’améliorer ? Est ce que je vais retrouver mon dynamisme… Est ce que je dois envisager un mi temps thérapeutique ?
    Bien cordialement.

    1. Consultez plutôt notre page sur le traumatisme crânien léger qui répondra en partie à vos questions ; en cas de persistance il faut s’adresser à un médecin de médecine physique et rééducation (Médecin MPR) lui-même de préférence spécialisé dans le traumatisme crânien ; mais il faut aussi savoir pourquoi vous avez fait ce malaise avant votre chute ; je pense qu’en tant qu’infirmière vous avez pu déjà régler ce problème ….

  11. Bonsoir merci pour votre article. Il est très difficile de trouver des informations sur l’après trauma. Mon conjoint a eu un TC grave il ya 18 mois. Il a de nbx séquelles invisibles en liens avec son accident. Il éprouve une énorme fatigue, de sévères maux de têtes. Il a une perte d’envies. Il est replié sur lui même. Il fuit la compagnie. Initier une tâche lui demande beaucoup d’efforts et de temps. Suivre plusieurs conversation a la fois lui demande trop de concentration. Il ne ressent plus les émotions. Il n’a plus de goût ni de odorat.. il fait de gros progrès mais depuis son coma il refuse de voir des soignants ( ergo, neuropsy, psy, orthophoniste, kiné..). Comment ses proches peuvent ils l’aider ? Ses séquelles peuvent-ils évoluer ou doit il apprendre a vivre avec? La fatigue et les maux de têtes sont liés et a jamais indiscosciable ? Il refuse tout traitement médicamenteux.

    1. Tout ce que vous évoquez correspond exactement aux séquelles neuro-psychologiques du TC . En lisant les commentaires des autres internautes sur ce sujet vous pouvez voir les réponses que nous recommandons dans ce type de situation et qui commencent par l’avis initial d’un médecin de médecine physique et de rééducation spécialisé dans le TC . Lui seul peut mettre en place un programme adapté de prise en charge par d’autres spécialistes para-médicaux ; par contre ni le psychiatre ni le psychologue ne sont de bons interlocuteurs , du moins dans un premier temps car les troubles relèvent de la neuropsychologie et non de la psychologie pure ; cette dernière pouvant par contre être utile à un accompagnant en souffrance devant les troubles d’un de ses proches (surtout dans la relation entre conjoints) ; le premier pas , devant un patient TC qui ne veut pas entendre parler d’une consultation (ce qui fait partie de ses troubles et non de son mauvais caractère) est d’arriver à lui faire admettre cette première consultation ; le mieux placé est toujours le médecin traitant à condition qu’il soit un peu au courant de cette pathologie , ce qui n’est pas toujours le cas ; mais il peut toujours se renseigner avant d’essayer de convaincre le blessé du bien fondé d’un suivi par des spécialistes ; sinon vous avez aussi la possibilité de vous inscrire tous les deux à la consultation “famille et handicap” du CHU de Bordeaux ; vous trouverez les coordonnées sur notre site ; mais je pense qu’on vous demandera un courrier préalable de votre MT.Enfin pour vous renseigner de façon livresque nous vous conseillons le livre : le TC guide à l’usage des proches de M Leclrecq, Ed Solal ; vous trouverez les ref.exactes sur notre site à”documentations” ; en espérant qu’il est tjrs édité ; sinon vous le trouverez surement sur Amazon

    1. S’il s’agissait d’un TC léger isolé c’est très peu probable ; par contre c’est possible dans les TC graves quand il y a eu des lésions des fibres sensitives conductrices de la douleur; mais c’est un phénomène beaucoup plus fréquent après AVC qu’après TC . Par ailleurs des douleurs neuropathiques peuvent se produire en cas d’atteintes nerveuses périphériques contemporaines du TC; ce dernier peut alors être une cause aggravante des douleurs surtout dans le cadre d’un SPC ( voir l’article TC léger); dans tous les cas les causes exactes des douleurs neuropathiques sont complexes et mêlées entre elles ; nous ne serions trop vous conseiller de consulter dans un service spécialisé “centre douleur” car il y a des possibilités larges de prise en charge.

  12. Bonjour,
    J’ai eu un tc jeudi dernier : malaise suivi d’une chute, ma tête a cogné une caisse en bois, perte de connaissance pendant 15 mn suivie de vomissements, fortes sueuers accompagnées de sensations de froid. J’ai une bosse derrière l’oreille gauche.
    J’ai été aux urgences et j’en suis sortie quelques heures après. À part, une déshydratation, tous les examens sont bons.
    Mon malaise serait dû à une intolérance à la codeine (une seule prise 8 h avant le malaise).
    Depuis je suis extrêmement fatiguée, perte d’appétit, je n’ai pas faim. Si je mange, j’ai des nausées et la diarrhée. J’ai des acouphènes non stop.
    Quel médecin dois-je consulter ? Et où ?
    Mon généraliste me dit que ça va passer avec le temps.
    Merci

    1. Nous n’avons ni le droit ni les compétences pour donner des avis ponctuels sur un cas particulier ; c’est à votre médecin de juger s’il doit ou non vous adresser à un spécialiste ; en son absence et devant une aggravation ou non amélioration de vos symptômes vous avez toujours la possibilité de vous rendre à nouveau aux urgences de votre hôpital.

  13. Bonsoir juste une question trama cranien avec perte de connaissance et fracture vertébrés lombaires suite a un accident de la route cela fait plus de 30 ans j ai toutes les séquelles que je viens de lire sur votre dossier. j aimerai avoir plus de renseignements si cela est possible bien sur.merci par avance pour votre aide.

    1. Je vous conseille d’aller sur notre page documentation ; vous trouverez des titres de livres qui pourraient vous intéresser; ils sont classés par ordre de facilité d’accès selon vos connaissances antérieures sur des sujets médicaux , médico-sociaux etc… .Certains sont épuisés bien que toujours d’actualité ; on peut les trouver sur Amazon.

  14. Bonjours,

    Ma fille a eu 3 traumatismes crânien en fessant une chute du première étage, elle est tombé dans le coma.
    Pour soulager son cerveau les médecin lui on injecté un produit pour la mètre dans un coma plus profond. A son réveille une semaine ou dix jours après elle était paralysée d un côté et n avait pas les idées claire langage incompréhensible… du service réanimation elle est passé au service neurologique. Elle ne tenait même pas assise… n arrivé pas à manger et boire n on plus.
    Après quelques jours elle est transportée à Garches pour une rééducation.
    Elle n’a pas supporté resté enfermé dans cette chambre qu’elle partagé avec 2 autre personne. Du fauteuil roulant elle est passé au béquilles. Elle c est sauvé à plusieurs reprise… bracelet de géolocalisation…. mais comme elle avait 18ans et quelques mois elle a demandé à sortir et être suivie en hôpital de jour.
    Aujourd’hui cela fait 3 ans.
    Elle marche ( en boitant) mange parle…
    Mais elle est impatiente énervé presque méchante… elle travaille mais ne garde jamais son travaille plus de quelque mois… fatigue physique… fatigue neurologique… elle s énerve avec collègue et même avec la direction…
    Elle est comme une cocotte qui est à deux doits d exploser tout le temps…
    Je ne sais pas quoi faire j ai peur pour elle.
    Elle n a jamais fait de demande à la mdph
    Que dois je faire ?
    Elle est insupportable prend tout mal est très agressive dans son intonation .
    Merci

    1. Tout ce que vous racontez est typique des séquelles d’un traumatisme crânien grave ; il est effectivement dommage qu’il n’y ait pas eu de dossier MDPH car elle a surement droit à une indemnisation de ses séquelles en terme d’aides pratiques … et peut -être financières ; mais il n’est pas trop tard pour monter un dossier ; cependant , si vous et votre fille êtes seules pour régler tout ce qu’il y a à faire à la fois administrativement , juridiquement et dans l’accompagnement vous n’y arriveraient pas ; aussi je vous conseille de vous mettre en rapport avec une AFTC (association de familles de traumatisés crânien) de votre région ; vous trouverez facilement l’AFTC la plus proche de chez vous sur internet en tapant AFTC suivi du nom de votre département ; sinon vous pouvez aussi contacter l’UNAFTC (union nationale des AFTC) pour obtenir ce renseignement … ou la notre AFTC Gironde ; mais tout doit commencer par là et il y a sans doute beaucoup de choses à faire pour vous et votre fille.
      Cordialement AFTC Gironde

  15. Mon fils a été victime d’un grave accident il y a 12 ans avec coma 1 mois suivi au CHU de Grenoble, à ce jour il vit seul à Grenoble et nous sommes à 600kms parfois ça va mais régulièrement il nous envoie des mails avec des propos incohérents des choses qui se sont passées et qu’il interprète contre lui dans des proportions absurdes qu’il transforme , il fabule invente , donc il ne veut plus nous voir il nous méprise, nous avons rencontré sa psychologue une fois ensemble consultation difficile avec lui, je lui ai dit d’aller au centre des traumatisés de Grenoble mais il ne le fait pas , je suis désespérée, que pouvons nous faire, merci de votre aide

    1. Bonjour Madame
      Votre situation est hélas fréquente dans les suites d’un TC . Si votre fils est majeur et sans mesure de protection (tutelle en particulier et encore!) vous n’avez effectivement pas beaucoup de solution mais il est possible que l’AFTC locale puisse vous aider ; en effet chaque AFTC départementale ou régionale a ses contacts personnels et l’AFTC Gironde ne peut guère vous rendre service pour une personne aussi éloignée géographiquement; nous vous conseillons de téléphoner vous-même directement à l’association du lieu d’habitation de votre fils car les messages mails sont tjrs insuffisants pour prendre la mesure exacte de ce type de situation et pour donner des informations pertinentes ; vous êtes d’autant plus légitime à le faire que les AFTC sont avant tout des associations de familles de cérébrolésées et non des patients eux-mêmes ; je vous donne les coordonnées de cette association :aftc.isere@orange.fr et téléphone :06 81 32 49 83 ; ayez de toute façon la certitude que ce type de comportement est en relation complète avec ses séquelles et non avec une mauvaise volonté à votre égard même si cela est souvent très difficile à supporter; faire partie d’un GEM (groupe d’entraide mutuel) de patients cérébrolésés pourrait peut-être l’aider en rencontrant des personnes ayant les mêmes types de séquelles que lui et améliorer son état psychologique ; je crois qu’il y en a un ds le région de Grenoble.C’est une idée entre autres mais il peut y en avoir d’autres en fonction des possibilités locales.
      Cordialement AFTC Gironde

  16. Bonsoir
    J’ai subit deux traumatismes crâniens à deux ans d’intervalles il y a plus de trente ans
    On me dit que j’ai des changements d’humeurs très rapides et qui peuvent faire apparemment peur
    Je suis il est vrai en état de nervosité et d’anxiété quasi permanent
    J’ai des périodes de difficulté à dormir alors que je suis fatigué
    Il y a d’autres effets dont je n’ai pas trop envie de parler ici
    Avec ce que j’ai lu j’ai peut être trouvé l’origine de tout cela
    Comment puis je faire contrôler cela et si l’origine est confirmée est il possible d’y remédier encore?
    J’avoue que je me suis fait peur en lisant les témoignages de certains proches

    1. Vos troubles sont très vraisemblablement liés à vos deux TC ; il vous faudrait dans un premier temps consulter un spécialiste cad un médecin de médecine physique et rééducation spécialisé dans le traumatisme crânien ; ils ne sont pas très nombreux ; parlez-en à votre médecin traitant.

  17. Bonjour, je me permets d’espérer trouver une réponse de votre part .. car personne n’en a pour moi…. TCGrave accidentée sur agen (Glasgow 8 et 3 jours coma artificiel prise en charge a Pellegrin 21oct2013, (avec Fracture plancher orbite, C1, paralysie du nerf III..) Sortie 4 jours après le réveil et aucun suivi , je devais être transférée a Richelieu centre de rééduc La Rochelle mais pas de place, je n’ai eu aucune rééducation, donc livrée a moi meme a mon retour a la maison ,j’ai découvert mes séquelles seule.. je m’en sors pas mal et ait repris quasi toutes mes activités physique, les Professionnelle ont été réduite (cf mémoire/concentration).. Toutes les séquelles présentées ci dessus + qq autres (perte de gout/odorat, etc..) . Mais ce qui me pose question : J’étais migraineuse avant l’accident, aujourd’hui plus jamais de maux de tête.je fais beaucoup de sport, et depuis je n’ai ; plus jamais de courbature, une brûlure au troisième degré avec arrachement de la peau, aucune douleur..j’ai l’impression de ne quasiment plus ressentir les douleurs sourdes . Par ailleurs, plus aucune empathie, j’ai été témoin d’un accident mortel en voiture qui m’a juste fait penser ‘je vais perdre du temps’.. je me fais peur. est-ce explicable ? merci d’avance pour votre retour, car je ne sais pas si c’set juste que je me détache de tout ou si c’est ‘normal….Merci

    1. Bien sur il est dommage que vous n’ayez pas eu de rééducation car cela vous aurait sans-doute aidé à mieux accepter d’éventuelles séquelles neuro-psychologiques dites encore communément invisibles ; le fait que vos migraines aient disparu après ce traumatisme reste en partie inexpliqué mais classique ; par exemple la migraine résiduelle est très fréquente après un traumatisme crânien léger et exceptionnelle après un TC grave (ce qui a été votre cas): cela est contre-intuitif mais pourrait s’expliquer par la disparition (finalement bénéfique)d’émotions nuisibles générées par la pression des aléas de la vie dont vos séquelles vous protègent en quelque sorte ; cette diminution de la sensibilité joue surement sur d’autres douleurs dites fonctionnelles comme vous le remarquez dans d’autres domaines; cependant cette relative perte de sensibilité , très classique dans les traumatismes frontaux (d’où le nom très mal venu car un peu péjoratif de syndrome frontal) entraîne aussi des effets secondaires quelquefois préjudiciables dans la vie en société : manque d’empathie vis à vis des autres ,réaction de colère mal contrôlée , propos blessants etc…La cause pourrait être due à l’altération des “neurones miroirs” qui favorisent l’empathie par une projection immédiate et inconsciente des difficultés des autres sur nous-mêmes ; comme si nous vivions leurs problèmes par procuration ; bien entendu ces explications restent du domaine de l’approximation mais il ne fait nul doute que le manque d’empathie que vous soulevez ne doit absolument pas vous culpabiliser car il est très clairement lié aux lésions cérébrales frontales ; par rapport à l’ensemble des traumatisés crâniens avec ce type de séquelles vous avez la chance (bien que douloureuse sans doute)de vous en rendre compte -ce qui est rarement le cas- cependant cette prise de conscience peut vous aider dans votre comportement social(et ou familial) en faisant comprendre à votre entourage que ce type de réaction est totalement involontaire et ne peut vous être reproché , bien au contraire car vous en êtes la première victime.
      Merci en tout cas pour ces questions très pertinentes qui peuvent aider d’autres TC dans des situations voisine
      Cordialement
      AFTC Gironde

      1. Un grand Merci, Monsieur Pernot; d’avoir pris la peine de cette réponse détaillée et précise, à laquelle comme je vous disais, personne n’avait encore pris le temps ou encore eu l’intérêt de répondre.. Comme vous dites , la différence avec pas mal de cas , est qu’après mes crises de colères ou autres symptômes comportementaux (plus de filtre dans mes paroles..), je m’aperçois de mes actions, réactions en ayant l’impression d’être ‘sortie de moi-même’..et ne pas, plus me reconnaître.. c’est dur de se dire je ne suis plus la même personne , qui est cette folle?… et Non, les extérieurs ne peuvent pas le comprendre et ne l’acceptent pas , puisque, l’accident étant tellement loin, eux, l’ont oublié , et considèrent mon comportement comme ‘normal’, mais ‘anormal’..(suis-je explicite?).. il est loin le temps du ‘la pauvre’… aujourd’hui, je suis seule a vivre avec , et en subir les conséquences, surtout sociales.. la meilleure ‘solution’ , est finalement l’isolement.. car, la personne pour juger, et pas d’effort à faire…après cet accident, je regrette que le seul suivi que j’ai eu, ait été physique, mécanique, (fractures cervicale/ plancher orbite..) et aucun psychique…

        1. Merci de votre réponse mais je pense qu’il ne faut pas que vous restiez seule ; l’isolement n’est pas la bonne solution ; c’est un pis-aller au début mais vous n’êtes pas à l’abri de décompenser des troubles psychologiques sur le long terme si vous vous enfermez sur vous-même ; plus vous êtes lucide sur vos troubles plus ce risque existe ; mes conseils :
          1) surtout ne culpabilisez jamais ; seules les lésions cérébrales provoquées par votre accident sont responsables de ces crises
          2) expliquez aux proches auxquels vous tenez les raisons de ces troubles qui font partie non d’un trouble de la personnalité mais des séquelles cognitives de votre accident ; sachez cependant leurs faire comprendre que vous avez besoin à certains moments de vous isoler et de vous reposer car les séquelles cognitives obligent le reste du cerveau à travailler beaucoup plus que la normale pour compenser: c’est une constante qui persiste très longtemps
          3) voyez un vrai spécialiste du TC; il n’y en pas beaucoup mais habitant La Rochelle vous avez la chance d’avoir les médecins du centre Richelieu qui font surement des consultations externes : les spécialistes sont effectivement les médecins MPR (cad de médecine physique et rééducation ) et non les neurologues et encore moins les psychiatres (sauf en cas de décompensation dépressive) ; ils pourront faire le point sur vos séquelles et éventuellement vous orienter vers un soutien psychologique par le biais d’un psychologue formé à ce type de pathologie.Allez y en prenant RV de la part de votre médecin traitant à qui je vous conseille de vous confier en premier ; sinon de la part de l’AFTC Gironde.
          4) soyez fière de ce que vous arrivez à faire malgré ces séquelles
          5) si vous souhaitez rencontrez d’autres TC ou des familles vous pouvez prendre contact avec l’AFTC Poitou -Charentes qui gère votre région et peut vous rapprocher de personnes ayant des séquelles voisines (car tous les degrés de séquelles se rencontrent ds le TC et certaines ne vous concernent pas)
          Cordialement et bon courage

  18. Bonjour,
    Je suis une femme âgée de 40ans, sans pb médicaux particuliers.
    Il y a 3 semaines j’ai fait une grosse chute et ai tapé mon épaule droite et l’arrière de ma tête.
    Sur le coup grosse douleur à l’épaule, un peu sonnée mais sans perte de connaissance.
    6j plus tard d’énormes douleurs à la tête sont apparues, je me suis présentée aux urgences 1 semaine après la chute et c’est seulement quand la dame du scanner m’a demandé si j’avais fait une chute récente que j’ai fait un lien de cause à effet. Le scanner cerebral ne laissait rien apparaître. Une semaine plus tard mon médecin généraliste m’a fait faire une radio des cervicales qui a montré de l’arthrose sur c4. 5 et c5. 6.
    Elle m’a prescrit doliprane et codoliprane et m’a dit que d’ici 2 semaines ça irait mieux.
    Cette nuit j’ai été victime d’énormes douleurs dans la tête, l’impression d’être pris dans un étau. J’ai appelé le 15 qui m’a dit qu’il s’agissait des conséquences du traumatisme cérébral.
    Je m’interroge sur la durée de ces douleurs ? Cela peut il durer des semaines, des mois ? Une irm est elle indiquée ? Ces douleurs sont elles habituelles ? Faut il attendre ou consulter rapidement un spécialiste ? Est ce normal à 3 semaines d’avoir ces douleurs persistantes ?
    En précision, j’ai l’impression que la minerve mousse cervicales me soulage même si cela crée des douleurs musculaires.
    Merci pour vos informations

    1. Vous trouverez un certain nombre de renseignements utiles sur notre site à la rubrique “traumatisme crânien léger” ; en effet celui-ci peut être à l’origine de céphalées persistantes disparaissant dans la plupart des cas dans les trois premiers mois ; cependant un traumatisme cervical peut être aussi en cause même si les radiographies sont normales ; des entorses ligamentaires sont qqfois plus douloureuses que des fractures ; l’amélioration obtenue par le port de la minerve va un peu ds ce sens ; mais effectivement votre traumatisme crânien léger si il a bien eu lieu (vous parlez d’une obnubilation passagère) peut aussi en être le responsable ; il n’y a pas beaucoup de choses à faire si ce n’est d’attendre patiemment une guérison spontanée; si celle-ci tarde trop à venir ou si vous êtes inquiète le meilleur spécialiste à consulter est un médecin de médecine physique et rééducation ; votre médecin traitant pourra vous conseiller ; sinon vous trouverez surement un service près de chez vous en cherchant sur internet ; faites-vous faire un courrier à lui apporter par votre médecin traitant s’il en est d’accord ; c’est toujours mieux.
      cordialement

  19. Bonjour

    Mon copain a eu un traumatisme crânien grave (chute de 3 étages) fin juin 2019. Aujourd’hui il est toujours en centre de rééducation, il peut parler assez correctement, réfléchir logiquement, avoir de l’émotion et rire aux blagues. Il n’a pas de troubles moteurs ni de troubles spatio temporels et il n’a pas de manque d’intérêt envers la vie. Il a quelques troubles de la mémoire concernant son passé mais quelques souvenirs lui sont restés et il n’a pas de troubles de la mémoire immédiate. Ça lui arrive de faire des crises d’angoisses.

    Les médecins disent qu’il a fait d’immenses progrès mais souhaitent le garder encore un peu.

    Ma question est : Est ce qu’on peut ne plus avoir de séquelles (ou des séquelles minimes) après avoir subi un traumatisme crânien grave ?

    Merci beaucoup

    1. Donc si je comprends bien ça fait juste 9 mois; ce qui trop précoce pour apprécier des séquelles définitives; il faut un minimum de 2 ans pour se faire une idée de celles-ci encore que certaines peuvent s’améliorer encore plusieurs années durant; l’état que vous me décrivez est assez satisfaisant pour un traumatisé crânien grave à ce stade d’évolution mais chaque cas est tellement particulier qu’il est toujours hasardeux de se prononcer ; en tout cas plus il prendra sa rééducation au sérieux plus il progressera ; surtout s’il est accompagné par un ami qui sait le stimuler et surtout l’encourager qd il passe des moments de doute ou d’abattement .
      cordialement

  20. Bonjour,
    J’ai eu un accident de voiture en 2002 j’avais 16ans, j’ai eu un décollement du front avec traumatisme crânien, plaies aux visages, fémur droit cassé, scaphoide droit cassé.
    Souvent je me rapprocher de mon médecin traitant pour lui informer que j’avais tête lourde, migraine j’en pleurer du coup il me donner des cacher pour l’anxiété stress.. Je vais au moins 8 fois par an chez l’ostéopathe souvent mon corps est bloqué du côté droit. Là aujourd’hui je vous écris car en me réveillant j’ai encore la tête très lourde, le crâne très sensible au touché je suis épuisé impossible de me détendre de faire quoi que se soit chez moi, incapable de faire des sortir je me sens mal à l’aise. Je souhaiterais être suivis au chu de pellegrin, du moins avoir un contrôle depuis mon accident mais avec quelle service. Au moins que je puisse avoir le bon renseignement auprès de mon médecin traitant pour éviter de me mettre à pleurer. Merci de votre aide.
    Cordialement
    Sandrine

    1. Bonjour
      Si je comprends bien vous avez ou vous aurez cette année 34 ans; vous parlez uniquement de votre mal de tête ; est-ce la seule séquelle de votre accident? Et surtout comment les choses évoluent-elles depuis cet accident ? Avez -vous eu un traumatisme crânien avec une perte de connaissance importante ? Comment êtes-vous suivie actuellement ? Nous avons besoin de beaucoup plus de renseignements pour vous aider : études , famille travail etc … Vous pourriez nous adresser par mail un résumé assez complet de tout ça avant d’aller plus loin ; pour un maximum de confidentialité je vous conseille de nous écrire maintenant à : contact@aftc-gironde.org ; si cela vous parait trop compliqué laissez- nous sur ce mail un numéro de téléphone pour que nous puissions vous appeler et faire le point ; dites nous aussi les heures ou jours où vous êtes le plus disponible vous appeler ; ce que nous ferons le plus vite possible.
      Cordialement
      AFTC Gironde

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