Coma – Éveil – Reprise de conscience

Le coma n’est pas systématique dans les antécédents d’ une cérébrolésion ; il est cependant très fréquent quand la cause de cette dernière a été un tant soit peu brutale ou sévère ; il peut se rencontrer dans toutes les pathologies énumérées aux différents chapitres développés dans les pages précédentes bien que le mode de production et le facteur pronostic puissent être très différents : ainsi un coma post -AVC apparaît en général après un AVC grave et étendu alors qu’un coma post- traumatisme crânien peut se voir pour des lésions limitées après un choc d’apparence modérée.

Il est impossible ici de rentrer dans les détails de ces différentes causes ; seront décrits dans cette page surtout le coma et les suites du coma du traumatisme crânien dont les variétés d’expression peuvent servir de base à la compréhension de tous les autres.

Le coma (dit couramment perte de connaissance ou perte de conscience ) peut être:
* immédiat ou retardé par rapport à la cause responsable ;                       * d’installation progressive ou brutale                                                                    * incomplet ou complet
* de durée courte ou prolongée.

A la sortie du coma le sujet ouvre les yeux : c’est le moment de l’éveil mais celui-ci ne correspond pas forcément – et à vrai dire rarement – à la reprise de la conscience le plus souvent décalée par rapport à l’éveil et en tout cas très éloignée -hélas ! – des reprises de conscience des films de cinéma.

Enfin cette reprise de la conscience ne se fera que très rarement d’un bloc ; elle passe par des paliers successifs qui conduiront ou non à la reprise complète de la conscience suivant la gravité de la lésion initiale.

Ces trois phases vont être décrites avec plus de détails dans les paragraphes suivants sans prétendre à une exhaustivité complète tant les cas particuliers sont nombreux ; la ligne générale reste cependant assez constante.

Chapitres :


LE COMA

Le coma correspond donc à la phase de perte de conscience qui suit l’agression cérébrale ; cette perte de conscience peut être très légère (simple phase d’obnubilation, le sujet ne paraissant plus en phase avec l’entourage) ou complète pendant laquelle le sujet gît étendu , les yeux fermés; sa respiration est présente (normale, accélérée ou ralentie) : le blessé peut donc paraître dormir mais il n’est pas “réveillable” quelques soient les stimulations tentées.

Profondeur du coma : échelle de Glasgow (GCS )

Entre les deux extrêmes précités il existe de nombreuses profondeurs de coma dont la détermination est l’affaire des médecins qui vont prendre en charge le blessé.

Autrefois ces derniers parlaient de coma vigil (ou coma léger de stade 1 ); de coma proprement dit ( de stade 2 ); et de coma carus (ou profond de stade 3 ) ; cette classification un peu simpliste n’a plus cours actuellement ; elle a été remplacée par l’échelle de Glasgow (du nom de la ville écossaise dans laquelle deux médecins spécialistes l’ont élaborée) ; elle est simple et fiable et elle a finalement été adoptée par la plupart des médecins ; elle repose sur 3 séries d’item qui évaluent:

  • * l’ouverture des yeux (de spontanée à aucune)
  • * la réponse motrice à une stimulation verbale ou sensitive (de normale à aucune)
  • * et la réponse verbale à une question simple (de normale à aucune)

le ” Glasgow” est coté
quand tout est normal  à 15
quand tout est négatif à 3

le chiffre 15 correspond donc à un état de conscience normale ;
le chiffre 3 à un coma profond et
le chiffre 8 à un coma léger (dit autrefois vigil );

enfin est apparue aussi la notion de coma dépassé qui ne doit pas être confondu avec le coma profond;  il correspond en effet à la mort du cerveau dont il sera question plus loin et il n’entre pas dans la classification de Glasgow.

Il est important d’expliquer cette échelle et ce qui peut perturber son interprétation : en effet de nombreuses sources d’information apprennent assez vite aux familles que le pronostic de leur blessé est lié à la profondeur du coma (les TC sévères étant classés dans l’échelle de Glasgow entre 3 et 8).

Si cette estimation est globalement juste elle est cependant souvent prise en défaut et cela pour de nombreuses raisons : on comprendra facilement qu’un blessé choqué par la gravité de l’accident ou ayant perdu beaucoup de sang, par exemple, voit son fonctionnement cérébral altéré non forcément par les lésions cérébrales mais aussi par une chute de la tension artérielle qui abaisse momentanément la circulation artérielle cérébrale ; une remontée de celle-ci peut faire émerger rapidement l’état de conscience du blessé ; dans un autre ordre d’idée il peut être nécessaire de sédater (endormir partiellement) un patient pour lui faire supporter une sonde d’intubation nécessitée par des troubles respiratoires et souvent sur les lieux même de l’accident : cette sédation abaisse forcément l’état de conscience ; par ailleurs il est maintenant courant de faire bénéficier les cérébrolésés graves du “coma artificiel” (il s’agit en fait d’une anesthésie qui est censée protéger le cerveau des agressions extérieures dans les premiers jours et quelquefois au delà ) ; il est certain qu’un tel blessé parait en “Glasgow” 3 mais ce ne serait pas forcément le chiffre qu’il aurait si on le réveillait (or seul ce chiffre a une réelle valeur).

D’où la nécessité d’interroger les médecins pour faire interpréter la valeur de ce chiffre quelquefois donné trop rapidement.

Et s’il est indiscutable il ne faut pas non plus s’obnubiler sur lui au départ car des évolutions positives d’un Glasgow apparemment très bas initialement restent tout à fait possibles. Enfin le GCS est inutilisable chez l’enfant.

En fait le “Glasgow” est surtout pour les médecins un excellent outil de surveillance permettant de juger de façon très objective l’aggravation ou l’amélioration du coma ; heure par heure au début puis jour après jour par la suite (sauf si le patient doit être laissé en coma artificiel). Si bien que d’autre facteurs de pronostic ont été élaborés pour tenter une évaluation plus fiable (cf plus loin ).

Causes du coma

Il ne sera ici question que du coma profond , la simple obnubilation ne posant pas les mêmes problèmes surtout quand elle est rapidement et définitivement régressive (cf TC légers ).

Le coma proprement dit relève de nombreuses causes , souvent intriquées , et notamment dans le traumatisme crânien les éléments suivants s’additionnent:

  • les lésions cérébrales provoquées par le traumatisme sont évidemment le mécanisme essentiel : contusions ,hématomes intracérébraux , lésions axonales diffuses ( cf TC sévères).
  • l’hypertension intracrânienne liée à une augmentation du contenu de la boite crânienne par du sang (hématomes divers) et/ou un oedème cérébral ; dans ces cas l’apparition du coma est souvent retardée par rapport à l’accident , le temps que la croissance de l’hématome ou/et de l’œdème vienne à comprimer le cerveau dans cet espace inextensible.
  • les perturbations de l’irrigation du cerveau liées aux lésions et à l’hypertension intracrânienne (bien que moins déterminantes que dans l’AVC ischémique où elles constituent le point de départ du coma).
  • de nombreux autres facteurs sont possibles et ne peuvent être détaillés ici. Ils ont cependant une importance majeure pour les réanimateurs dans la mesure où leur contrôle peut permettre de stopper, puis d’enrayer l’aggravation du coma.

    Évolution du coma

    Si le coma n’est pas entretenu par un coma artificiel ( coma non sédaté) sa durée est éminemment variable mais il dure exceptionnellement au delà de 1 mois ; par contre il peut être très court ( de quelques minutes à quelques heures) ce qui est en principe de très bon pronostic ; comme dit plus haut le coma prend fin lors de l’ouverture des yeux qui définit le début de la période d’éveil .

    Il y a bien sur une relation entre la durée du coma ( non sédaté) et la gravité des lésions cérébrales et donc du pronostic ; mais là encore , comme avec le GCS il y a de nombreuses exceptions. On tiendra pour beaucoup plus significative la durée de l’amnésie post-traumatique (APT) qui s’étend du premier jour du coma au jour où le sujet, ayant repris connaissance, commence à se souvenir de façon fiable des événements du jour passé ; mais la durée de celle-ci ne peut , par définition, être connue pendant la période de coma.

    Si le patient a été mis sous coma artificiel la durée de ce dernier n’a aucune indication pronostique ; il est maintenu le temps voulu par les réanimateurs pour protéger le cerveau ; bien entendu cette prolongation indique quand même que les lésions sont vraisemblablement sévères même si d’autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte.

    Facteurs pronostiques pendant le coma

    Nous avons vu que le GCS initial n’était pas un facteur déterminant du pronostic ; il l’est davantage au fil des jours à la condition que le patient ne soit pas sous coma artificiel (et il l’est maintenant souvent !) ; les médecins doivent donc recourir à d’autres examens pour se faire une idée de la gravité des lésions et donc du pronostic:

  • D’abord le pronostic vital est toujours engagé lors d’un coma profond, non par le coma lui-même mais par les lésions qui ont conduit au coma et qui peuvent continuer à s’aggraver malgré les traitements mis en place ; par ailleurs et surtout dans les accidents de la circulation des lésions d’autres organes peuvent menacer le pronostic vital ; 30% des TC sévères ne survivent pas à leurs blessures.
  • Puis les médecins doivent essayer d’évaluer le pronostic fonctionnel ce qui pose l’immense problème des séquelles futures et de la qualité de vie lointaine du blessé ; ce sujet doit être abordé car les familles sont souvent décontenancées quand les réanimateurs particulièrement inquiets de l’état du patient et projetant la forte probabilité d’une très grande dépendance(cf  états EVC -EPR ) commencent à demander leur avis (et celui qu’ils pourraient connaitre de leur blessé) au cas où une telle situation se concrétiserait.
    C’est en effet pendant cette phase de coma que le problème se pose le plus souvent : faut-il continuer à réanimer alors que le pronostic fonctionnel est extrêmement sombre ?
    Ce que les familles ont du mal à admettre (et cela est tellement légitime !) c’est que ces questions leurs soient posées justement à ce moment là, alors qu’elles sont dans la seule attente de savoir si leur blessé va survivre ou non ; ce décalage entre le temps médical et le temps familial peut poser de grosses tensions avec les médecins pour peu que les mots aient été mal choisis ou mal interprétés ; or il faut comprendre que c’est seulement à ce moment là que les médecins peuvent faire valoir la notion “d’acharnement thérapeutique” ; après quand le patient aura passé le “cap vital ” , quand la réanimation ne sera plus utile et aura fait son office de “sauver un corps” le problème de la survie en état végétatif (rare ) ou de la vie en état pauci-relationnel ( plus fréquent) peut poser des problèmes extrêmement complexes et ce qui est acceptable pour certains peut ne pas l’être pour d’autres! Et si la famille suit en fin de compte l’avis des médecins (cad estime elle-aussi que des séquelles très lourdes ne sont pas acceptables ) il peut lui être proposé une demande de prélèvement d’organe ( surtout chez un sujet jeune) ; il faut savoir que la loi en France autorise systématiquement ce prélèvement sauf si le patient a exprimé son désaccord auparavant de façon claire et de préférence par écrit ; mais cette législation est rarement appliquée de cette façon par les médecins en cas de désaccord de la famille ; ce qui explique que son avis est le plus souvent sollicité ; mais cette demande peut encore aggraver sa douleur ; il faut cependant savoir que les médecins ne font là que leur devoir (combien difficile aussi ! ) tant est grande la pénurie et l’attente des malades dans ce domaine .
  • Facteurs d’évolution défavorable                                                                        * facteurs cliniques :
    – non réactivité ou inégalité des pupilles associées au coma
    – état de choc persistant du à la gravité de l’accident ( exemple: association à des lésions viscérales graves).
    – âge du blessé ; plus il est élevé, plus le pronostic est défavorable. * facteurs radiologiques :
    et tout particulièrement les données de l’IRM quand l’examen peut être réalisé (cad rarement dans les tout premiers jours) : notamment la découverte de lésions de la base du cerveau (noyaux gris de la base ) et de lésions du tronc cérébral est de mauvais pronostic
    * facteurs électrophysiologiques ( potentiels évoqués ):
    ils consistent à enregistrer l’arrivée d’ondes électriques au niveau du cerveau à la suite de stimulations sensitives ou sensorielles (auditives notamment): ce type d’enregistrement tente de détecter une réponse cérébrale évocatrice d’un début de perception infra-consciente ; cette réponse est surtout évocatrice d’un éveil proche ce qui ne préjuge pas du pronostic à long terme.
    NB /En 2017 vient d’être proposée une technique d’exploration qui parait prometteuse : à savoir l’enregistrement des modifications du rythme cardiaque lors de stimulations auditives régulières , puis inhabituelles et aléatoires.
    * facteurs génétiques : on a découvert assez récemment que la récupération fonctionnelle du cerveau était différente selon que le traumatisé crânien possédait ou non un bon gène favorisant la production de matériaux cellulaires de qualité pour les neurones endommagés.
    * l’évolution de la pression intra-crânienne
    ( cf soins d’urgence du traumatisme crânien)

Surveillance et traitements pendant la période de coma

cf soins d’urgence du traumatisme crânien.

La famille pendant le coma d’un proche

La famille se demande souvent quelle doit être son attitude pendant la période de coma ; il est important de préciser que pendant cette période le sujet est totalement inconscient et qu’il n’en gardera aucun souvenir ; est-ce autant que l’on peut tout dire devant lui ?
Sûrement pas et pour deux raisons essentielles : le coma peut s’alléger à certains moments surtout lorsqu’il s’agit d’un coma artificiel et il est important qu’aucun jugement défavorable ne puisse se frayer le moindre cheminement vers sa conscience ; le patient peut aussi être en sortie de coma (cad près de la phase d’éveil) et pour les mêmes raisons il faut s’abstenir de toute parole déplacée.

A l’inverse la famille peut-elle apporter des paroles ou des gestes réconfortants au patient dans le coma ? La réponse est oui ; la plupart du temps il n’en aura aucune conscience mais s’il se trouve dans un état limite comme rapporté plus haut cela ne peut qu’aller dans le bon sens ; ces paroles apaisantes ou ces actes (prendre la main ; passer la main sur le front , l’embrasser etc … et à condition qu’ils soient autorisés par l’équipe soignante) sont souvent plus bénéfiques pour la famille que pour le blessé lui-même : alors pourquoi pas ? Dans ces situations il importe de rester discret et de ne pas trop en faire pour ne pas fatiguer inutilement le blessé

Le coma dépassé

Le coma dépassé doit être formellement différencié du coma même le plus profond ainsi que de l’état végétatif avec lequel il est parfois confondu (cf états EVC-EPR).

Le coma dépassé est depuis 1959 la nouvelle définition de la mort lorsque l’on s’est aperçu que la réanimation pouvait permettre aux poumons et au cœur de continuer de fonctionner alors que les fonctions cérébrales et les fonctions végétatives sont abolies : de la sorte l’ensemble cœur-poumons ne fonctionne plus qu’artificiellement et le cerveau est détruit par perte de sa vascularisation : une telle définition est maintenant admise universellement; encore faut-il prouver de façon absolue que ce coma est bien dépassé pour n’avoir d’autre alternative que de mettre fin à la “réanimation” ou de la poursuivre dans la perspective de procéder à des prélèvements d’organes devenus licites en France en l’absence de refus préalable du patient avec toutes les nuances vues plus haut ; la situation est ici moins difficile à gérer, car à l’inverse du cas d’un sujet dans le coma au pronostic a priori catastrophique mais néanmoins incertain, le pronostic du coma dépassé est celui d’une mort inéluctable dans les heures ou les jours qui suivent (exceptionnellement au delà d’une semaine) ; par contre le moment de ce décès définitif est imprévu et il est capital que les prélèvements d’organes soient faits tant que ces derniers sont encore vascularisés (cad tant que le cœur fonctionne encore).
Depuis peu de temps cependant il devient possible de prélever certains organes chez un donneur juste décédé.

Les critères du coma dépassé sont indiscutables ; ils sont cliniques , électroencéphalographiques ( le classique EEG plat) et radiologiques ; c’est l’affaire des médecins en charge du patient. Reste pour les familles l’immense douleur de devoir abandonner un proche qui paraît encore bien vivant grâce au jeu des “machines” mais dont le cœur et la respiration s’arrêteront spontanément dès qu’elles seront retirées.

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L’ÉVEIL

L’éveil est une phase très courte caractérisée par l’ouverture des yeux et l’installation d’un rythme veille -sommeil qui signe la fin du coma .

Pour rassurant que soit cet éveil il signifie seulement la réapparition des influx activateurs de la substance réticulée du tronc cérébral et non la remise en route du cerveau lui-même ; c’est un préalable indispensable à cette dernière (comme si le disjoncteur était rétabli) mais ce n’est pas obligatoirement la reprise de la conscience (l’allumage des lampes !).

En fait la durée intermédiaire entre l’éveil et la reprise de la conscience dépend énormément de la durée du coma ; si ce dernier a été très court la conscience peut émerger immédiatement après l’éveil témoignant évidemment d’un traumatisme à priori de bon pronostic ; par contre quand le coma a été prolongé l’espace éveil-reprise de conscience est beaucoup plus long,témoignant d’un traumatisme plus grave souvent porteur de séquelles comme il est décrit au chapitre suivant.

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LA REPRISE DE LA CONSCIENCE

La phase de reprise de la conscience est encore souvent appelée phase d’éveil ce qui brouille un peu les notions d’éveil et de reprise de conscience ; nous emploierons donc autant que possible le terme de reprise de conscience réservant le terme d’éveil à l’ouverture des yeux comme vu plus haut ; par ailleurs il sera ici seulement question des cas où le délai éveil-reprise de conscience est prolongée et qui posent tant de questions angoissantes aux familles.

Cette reprise de conscience évolue schématiquement en 4 phases:

  • la phase végétative
  • la phase d’état de conscience réactive
  • la première manifestation relationnelle
  • la reprise de conscience de soi
    Il s’agit là d’une description théorique en raison de la fréquente interpénétration de ces phases ainsi qu’à des retours en arrière mais qui montre que la conscience normale (cad la conscience de soi) n’est pas atteinte dés l’ouverture des yeux , en tout cas pas dans le TC grave
  • La phase végétative

    se caractérise par un éveil retrouvé mais par l’absence de conscience : le sujet a des cycles de veille -sommeil ; en période de veille il a les yeux ouverts mais il ne répond à aucune sollicitation ; seuls fonctionnent spontanément les viscères de la vie végétative (cœur , poumons , reins etc…) d’où le nom de phase végétative ; le sujet a seulement besoin d’être alimenté et hydraté .

  • La phase d’état de conscience réactive

    commence quand le patient répond par une réaction sinon parfaitement appropriée , du moins régulière à un ordre simple : par exemple “ouvrez les yeux “, “serrez ma main” etc… Pendant cette phase les réactions vont s’enrichir progressivement en quantité et en qualité jusqu’à ce qu’apparaisse….

  • La première manifestation relationnelle

    indiquant que le patient a pris conscience qu’il a auprès de lui un interlocuteur et qu’il le comprend : exemple à la question “avez-vous mal ?” le patient répond par oui ou par non ou par un code convenu avec l’entourage s’il ne peut pas encore parler ; puis les relations s’enrichissent jusqu’à ce que….

  • Le sujet prenne réellement conscience de sa situation

    de la gravité de son accident et de ses limitations liées à telles ou telles incapacités ; cette reprise de conscience de soi est souvent un moment douloureux qui sera abordé dans une page différente ; elle constitue cependant le gage d’une ” rééducation investie” qui est la seule susceptible d’ouvrir le champ à de réels progrès (cf rééducation).

Ces différentes étapes sont traversées très différemment selon les cas tant en rapidité qu’en régularité, affect et niveau de récupération ; il est possible de dire que rapidité de traversée , régularité et calme sont de puissants facteurs de récupération complète ; à l’inverse lenteur avec retours en arrière et agitation invitent à penser qu’une récupération incomplète sera vraisemblable même si des évolutions secondaires , éventuellement très différées restent toujours possibles.

Par ailleurs les progrès souvent rapides au début tendent à se ralentir par la suite ce qui peut revêtir un caractère inquiétant pour les familles : c’est une quasi- constante qui ne doit pas alarmer particulièrement bien que des progrès déjà lents et qui ont tendance à se ralentir encore davantage indiquent souvent que la récupération complète ne sera pas acquise ; dans les cas les plus graves heureusement rares le blessé peut rester bloqué à la phase végétative (exceptionnelle dans le TC ) ou de conscience réactive (moins rare) : cf états EVC-EPR.

Par contre la régression de l’état de conscience doit toujours inquiéter; elle peut-être de l’ordre physique ou psychologique:

– Une complication somatique
doit être recherchée en première intention justifiant une intervention thérapeutique d’utilité indiscutable : parmi celles possibles on peut citer parmi les plus fréquentes:

  • une hypertension intracrânienne secondaire liée à l’accumulation de liquide céphalo-rachidien bloqué dans son écoulement par des adhérences méningées succédant à une hémorragie dans ces territoires et nécessitant une ponction ou une dérivation ;
  • un inconfort ou une douleur non communicable : du développement d’un para-ostéome (cf sequelles physiques du TC) à une banale infection (ongle incarné!);
  • une importante spasticité précoce (cf soins TC sévères) qui est souvent un facteur de retard d’évolution et qui peut justifier un traitement spécifique.

– Sur le plan psychologique
certaines régressions ou stagnations peuvent être en rapport avec un blocage relationnel vis à vis de l’équipe soignante attribuable à la souffrance psychologique (vécu de morcellement psychique, angoisse entraînant agitation voire agressivité, rêves traumatisants, dépression, régression témoignant d’un besoin de maternage sans rapport avec l’âge du blessé).

La prise en charge de ces phases de retour de conscience est à la fois médicale et familiale

– Sur le plan médical
l’accompagnement du blessé consiste bien sur à traiter des pathologies résiduelles encore très fréquentes : encombrements et/ou infections respiratoires toujours présentes, soins de trachéotomie, orages neuro-végétatifs quelquefois impressionnants, spasticité , tendance à certaines attitudes vicieuses au niveau des membres ou lésions cutanées favorisées par le décubitus etc… mais aussi accompagnement psychologique par la qualité des soins de nursing qui permettent à l’équipe soignante d’entrer le plus directement possible dans l’affect du blessé : la douceur des gestes et des paroles, leurs caractères orientés vers le psychisme du blessé est reconnu maintenant comme essentiel à la reprise de conscience.

-Sur le plan familial
il faut insister sur le rôle capital que joue la famille à ce stade à l’inverse de la période de coma ; en effet elle renseigne l’équipe soignante sur l’histoire du blessé , ses hobbys , ses goûts, sa sensibilité etc… que celle -là pourra intégrer dans sa pratique soignante ; cette personnalisation des stimulations paraît beaucoup plus efficace que des stimulations multisensorielles permanentes et affectivement neutres préconisées à une certaine époque et qui avaient le gros inconvénient de fatiguer des personnes particulièrement fatigables. Les soignants demanderont souvent aux familles d’apporter des objets familiers au blessé ( CD , photos etc…) qui lui permettent de rentrer en contact avec sa vie antérieure et de favoriser le retour de sa conscience. Si la participation de la famille est hautement souhaitable à ce stade il faut aussi qu’elle sache, dans la mesure du possible, se protéger d’un investissement excessif qui peut la conduire à l’épuisement physique et psychologique ; en effet s’engage maintenant une épreuve de longue haleine et pour “tenir le coup” au mieux il faut qu’elle accepte de se faire aider (les psychologues du service sont aussi là pour ça !) tout en gardant une vie sociale indispensable à son équilibre (on ne saurait trop recommander le livre de MICHEL LECLERCQ :” le traumatisme crânien , guide à l’usage des proches ” Ed. Solal qui passe en revue la majorité des affects familiaux rencontrés à ce stade ; et pour mieux comprendre le coma et ses suites le livre du Pr F . COHADON “Sortir du coma” Ed .Odile Jacob.

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Date de la dernière modification : 31 janvier 2021

 

 

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38 réflexions sur « Coma – Éveil – Reprise de conscience »

  1. je confirme quasiment toutes ces phrases toutes ces paroles. car j’ai vécu presque 1 mois de coma suite à l’opération d’une tumeur au cerveau, pendant ce coma j’ai eu une méningite, et une grave infection. Je suis ressorti de ce coma tout doucement avec des vertiges paroxystiques positionnels, une horreur, que j’ai toujours du reste, mais que je peux contrôler par ma position, en étant conscient je pense également avoir vécu une EMI pendant ce coma.

  2. Bonjour,
    Lors du réveil d’un patient, vous ont ils déjà demandé où était la dame en armure et non la dame blanche ( hypothèse d’une infirmière)?
    Suite à un traumatisme crânien lors d’un accident, après 2 jours entre la vie et la mort, j’ai pu être placé en coma artificiel.
    15 jours s’en sont suivis pour que je puisse me réveiller et c’est à ce moment que j’ai demandé à ma mère où était cette fameuse dame.
    Avez vous eu d’autres témoignages similaires au réveil de patients?
    Cordialement.

    1. Non personne ne m’a parlé de ça jusqu’à maintenant ; mais les sorties de camas sont souvent suivis d’états plus ou moins hallucinatoires …. Je n’en sais pas plus.
      Cordialement
      AFTC Gironde

  3. Bonsoir. Mon papa hospitalisé en soins intensifs, intubé depuis un mois, sous ecmo depuis 3 semaines. Les sédatifs levés depuis le 23/11, il ne se réveille pas. Avc ischémique cerebrelleux du covid. Scanner et potentiels évoqués. Les dr disent qu’il n’entend plus, ne voit plus, ne ressens rien, il ne se réveillera plus. Pourtant, plusieurs fois, mon papa pleure (pas juste une larme), crispation du visage (grimaces des pleurs quand des souvenirs évoqués) yeux qui s’ouvrent et ferment lentement, il suit légèrement et brièvement du regard… Comment être certain qu’il n’a aucun état de conscience ? Qu’il ne se réveillera pas ?
    Le temps nous est compté. Aidez-nous svp

    1. Bonjour ,
      Merci pour votre mail ; mais la question que vous posez est particulièrement embarrassante car une situation comme celle-ci demande souvent une confrontation entre médecins au fait très précisément de la pathologie du cérébrolésé et du point de vue de la famille ; l’âge , les antécédents , ce que pensait votre père au cas où il se serait trouvé dans une situation où le risque de séquelles majeures parait l’hypothèse de loin la plus vraisemblable doivent entrer en ligne de compte pour entamer la moins mauvaise décision ; d’après votre courrier je crois comprendre qu’il s’agit d’un AVC secondaire à un covid avec thromboses vasculaires plus ou moins disséminées ; l’utilisation d’une ecmo ds ces conditions n’est pas courante ; elle est sans doute justifiée par l’importance de la thrombose du lit vasculaire pulmonaire , ce qui est déjà un facteur de bien mauvais pronostic et de séquelles pulmonaires potentiellement graves à supposer que votre père puisse passer le cap vital ds lequel il est probablement encore ; par ailleurs l’utilisation de cette technique montre le niveau d’expertise du service ds lequel il se trouve et le sérieux des réanimateurs qui n’ont pas lésiné sur les moyens les plus avancés pour le maintenir en vie ; les séquelles d’un AVC du cervelet sont variables en fonction du caractère total ou partiel de l’atteinte de cet organe ; en général très délétères cependant sur la motricité et l’équilibration ; qt à son état de conscience actuel il est possible qu’il persiste des éléments de réactivité à des stimulus émotionnels sans que la conscience , au sens complet du terme, ne soit vraiment présente ; j’ai compris que lui ont été faits des potentiels évoqués qui restent le seul moyen de juger à peu près correctement d’un état de conscience à ce stade ; bien sur j’imagine que je reprends tout ce qui vous a déjà été dit par les médecins et que je n’apporte aucun véritable éclaircissement aux questions légitimes que vous vous posez ; dans ce genre de situation je trouve qu’il est toujours utile de faire intervenir le médecin traitant ; mais peut-être l’avez -vous déjà fait ; sinon c’est l’intermédiaire idéal ; sans être spécialiste du problème c’est celui qui est le plus à même de contacter l’équipe de réanimation et de discuter , après , avec vous en confiance ; rien de pire évidemment que d’avoir l’impression d’abandonner la partie sans certitude absolue pour un être cher … Si ce n’est de pousser les thérapeutiques au delà du raisonnable avec son lot de souffrances inutiles et de séquelles rédhibitoires ; l’expérience montre cependant la fiabilité habituelle de l’avis des réanimateurs , qui font tout, en France en tout cas pour faire le maximum ds ce type de situation ; vous comprendrez , je pense , qu’il m’est difficile d’aller plus loin et que les éléments de réflexion que je vous donne doivent être pris à l’aune de votre commentaire obligatoirement succinct.
      Cordialement

    2. Bonjour, comment va votre Papa aujourd’hui? Mon Papa est au soins intensif depuis un peu plus d’une semaine et est dans un coma artificiel et intubé, les médecins débutent là phase de réveil aujourd’hui. J’aimerais savoir a quoi m’attendre après 10 jours de coma artificiel, il a 72 ans.

  4. Bonjour
    Mon papa a été hospitalisé le 25/11/2020 difficulté a respirer et coeur en pas bon état. Intubé a la maison. Finalement il avait une bactérie dans les poumons, il est traité et stabilisé au niveau cardiaque et pulmonaire. 30% d’oxygène et toujours intubé.
    Ils ne se reveille plus alors que arrêt des sédatifs depuis le 29/11/20.
    L’IRM Cérébral montre qu’il a une partie du cerveau atteinte suite à une artère bouchée (athérome) Le Neurologue souhaite lui laisser du temps (semaines) mais il n’y a pas d’amélioration.
    A quoi doit-on s’attendre certains disent moteur mais est ce qu’il va se reveiller?
    Merci

    1. Bonjour ,
      désolé mais je ne peux pas répondre correctement à votre question ; je ne suis pas neurologue et par ailleurs il y a trop de facteurs en jeu ds l’évolution de cette pathologie à ce stade pour que je puisse prendre le risque de vous donner le moindre avis sur l’évolution prochaine de votre papa ; notre association ne peut donner que des avis généraux pour éclairer un peu les familles ou les cérébrolésés mais ne peut pas se substituer à l’avis du médecin spécialiste en charge du patient ; ds ces cas je conseille souvent aux familles de demander à leur médecin traitant de consulter le dit spécialiste et d’obtenir le maximum d’informations utiles pour pouvoir en parler avec lui ; ce lien de familiarité favorise les échanges et permet de mieux comprendre ce qui se passe qqsoit l’évolution ; je crois que c’est très important humainement pour les familles qui se trouvent complètement perdues ds ces situations terriblement angoissantes.
      Cordialement

  5. Bonjour. Suite à une crise d hypertension durant une opération (Changement de valve Mécanique pour une biologique) mon père est tombé dans le coma. A ce jour, on nous annonce qu’il sera extubé, qu’il réagit par des gestes. Lorsque nous sommes allé le voir hier, ses yeux divaguaient de gauche à droite et par moment il ouvrait grand les yeux en fixant le plafond sans nous prêter la moindre attention. Pourtant, il y a quelques périodes où j’ai eu l’impression qu’il nous cherchait du regard sans pour autant montrer un quelconque signe de communication. Si à ce jour il réussit à répondre par un geste, pouvons nous nous dire qu’une éventuelle guérison est possible? Les médecins nous annoncent qu’il ne passera pas d’examen pour voir l’activité du cerveau (IRM) sachant que son ECG n’était pas plat. Je me demande énormément comment cela va se passer par la suite…. (Son admission à l’hôpital est dû à un 4e AVC)…

    1. Bonjour
      Si votre père est toujours intubé et ventilé il est vraisemblable qu’il est encore sédaté pour lui permettre de supporter sa sonde d’intubation et le respirateur ; s’il n’est plus sous machine et encore intubé pour s’assurer qu’il peut respirer spontanément de façon satisfaisante il est néanmoins surement encore un peu sédaté pour l’aider à supporter la sonde ; dans ces deux cas il est impossible de connaitre exactement son état de conscience actuel ds la mesure où les calmants peuvent largement contribuer à donner cette désorientation ; s’il n’a aucun calmant ou si sa sonde a été enlevée très récemment il peut s’agir d’un état momentané qui est susceptible d’évoluer ds les jours qui viennent ; mais bien sur si cet état se prolonge il faudra surement confirmer ou non son altération de la conscience par des examens , l’IRM n’étant pas forcément le plus utile dans la période aigüe ; le fait que son ECG n’est jamais été plat signifie qu’il n’a pas fait d’arrêt cardiaque pouvant être responsable de son état actuel ; mais si il a fait un AVC sévère celui-ci est sans doute en cause ; je ne peux guère vous en dire plus sachant qu’effectivement s’il réagit de façon adaptée à une question de votre part : ex: dire oui ou non de façon logique avec des signes convenus comme fermer les yeux , faire un signe de la main cela reste à ce stade la meilleure preuve d’un début de reprise de conscience.
      Cordialement

  6. mon frère 66 ans
    *antécédents : déficience intellectuelle due à une souffrance à la naissance – mal voyant et déficience des surrénales due à une tumeur cérébrale très importante opérée à l’âge de 48 ans (ttr hydrocortisone et levothyrox – plavix pour pb cardiaque) .
    *covid soigné au CHU de Grenoble pendant 5 jrs au service des maladies infectieuses – 24 h après être rentré dans son ehpad – est re-hospitalisé pour une très forte fièvre : diagnostic d’une infection pulmonaire qui serait due à une petite fausse route. 48 h après très grosse hémorragie digestive avec une prise en charge en réanimation : intubé et mise en coma artificiel – réveil organisé au 4 ème jour. 5 jrs après le réveil ne se fait pas normalement : n’ouvre pas les yeux spontanément , très difficilement à la demande – entend et comprend ce que l’on dit – réponse adaptée avec 2 ou 3 mots – fait les gestes qu’on lui demande : se tourner dans son lit, bouger membres supérieurs/inférieurs d’une façon ordonnée. le sce réanimation considère ne pouvoir rien faire de plus et le service des maladies infectieuses dit qu’ils ne feront que l’administration du traitement antérieur et des soins hydratation/alimentation et de surveillance. “on ne sait pas où on va” aujourd’hui ils l’ont laissé couché toute la journée alors qu’en service de réanimation il était mis en position semi assise une partie de la journée
    Dans ce contexte est ce que le réveil est plus lent et jusqu’à quel délai on peut espérer reprendre une pleine conscience. Le médecin me demande de la présence auprès de mon frère pour une meilleure stimulation. Quel geste faire pour aider et stimuler le réveil ? merci pour votre avis et aide.

    1. Bonjour
      C’est effectivement un problème très complexe mais apparemment il ne parait pas qu’il y ait eu de lésion cérébrale intercurrente pendant cet épisode infectieux récent , mise à part l’hémorragie digestive , qui si elle a été très importante a pu amener à une période d’hypoxie cérébrale momentanée , mais cela est qd-même rare d’autant qu’il était hospitalisé et que la prise en charge de l’hémorragie a été surement rapide ; je suppose qu’il n’a plus sa sonde d’intubation puisqu’il dit qq mots ; je ne comprends pas très bien dans votre commentaire si vous en êtes au lendemain du réveil ou 5 jours plus tard ; si c’est la première hypothèse il est à peu près normal qu’il soit encore très désorienté ; si c’est la deuxième ce n’est pas non plus très anormal qu’il soit encore ds cet état eu égard à ses antécédents cérébraux qui ont laissé certainement un cerveau fragilisé ; si l’hypothèse d’un petit AVC concomitant a pu être éliminé il y a de fortes chances qu’il se rétablisse progressivement , mais cela nécessitera peut-être plus de temps que chez une personne parfaitement valide neurologiquement.
      La stimulation que l’on vous propose est parfaitement justifiée, l’idée étant qu’elle est toujours plus efficace avec des proches plus mobilisateurs affectivement que des inconnus même personnels de santé ; toutes les stimulations sont bonnes : parler , raconter des souvenirs , montrer des photos , toucher les mains ou le visage , faire écouter des disques préférés etc…Mais bien se souvenir que ces patients sont extrêmement fatigables et qu’il y a donc des limites à cette stimulation qui devient contre-productive au delà d’un certain délai; cette fatigabilité est d’ailleurs variable d’un jour à l’autre et il faut savoir s’abstenir les “jours sans” ou du moins la limiter; le repérage de cette fatigue n’est pas tjrs évident mais on apprend assez vite à la sentir en qq jours d’observation.
      Cordialement

  7. Bonsoir, mon beau pere est actuellement en réanimation suite a un arrêt cardiaque (30/40m sans oxygène dans le cerveau)

    Nous avons fait les premiers soins avant l arrivé des pompiers.

    Aujourdhui il est toujours intubé, ses organes vitaux sont en parfait état, son corps prend le dessus et souhaite respirer tout seul.
    Le gros probleme c est son cerveau suite a un IRM son cerveau est trop lent pour reprendre son rôle .
    Il ouvre les yeux de temps en temps pleure mais les medecins sont pessimistes..

    Pourtant son cerveau est tjr en activité mais tres peu d activité..
    Il y a t il des choses a savoir ou faire?
    Des specialistes à voir ?

    Nous sommes tous perdus..

    1. En réponse à back up.
      Bonjour
      Bien difficile de vous aider à ce stade ; est-ce 30 mn sans massage cardiaque ou avec ? De qd date l’arrêt cardiaque ? Quelle est sa cause? Tout cela entre en ligne de compte ; il n’y a pas de spécialiste qui à ce stade puisse vous aider vraiment ; il faut voir comment les choses évoluent sur le court terme ; le fait d’ouvrir les yeux veut simplement dire que votre beau-père n’est plus ds le coma mais ne préjuge pas des capacités de son cerveau à récupérer ses facultés cognitives ; on vous proposera peut-être à un moment ou un autre de lui faire passer des potentiels évoqués pour chercher s’il y a des signes de conscience ; c’est un plus ds l’arsenal pronostic mais ses valeurs sont loin d’être absolues ; c’est aussi le moment de discuter en famille pour savoir si il aurait accepté ou non de survivre avec de grosses séquelles ; un conseil : parlez-en entre vous , avec son médecin traitant et avec le service de réanimation auquel vous pouvez sans aucun doute faire confiance ; ne cherchez pas trop sur internet qui ne vous apportera rien de très utile en ce moment.
      Cordialement et bon courage

    2. Bonjour,
      Ma mère a fait une rupture d’anévrisme. Elle était semi consciente. Entre temps elle est tombée dans le coma lorsque les pompier l’ont emmené à l’hôpital Salpêtrière. Une intervention rapide a été réalisé avec une DVE coma artificiel. Son état a été rapidement stabilisé. Aucun PIC n’est intervenu depuis et le reste était également stable. Après une IRM ils ont constaté une seule lésion qui se trouve à gauche du cervelet et aucune autre dans les autres parties de son cerveau. Elle est restée 17 jours dans le coma avant la levée d’une partie des sédations qui lui a permis d’ouvrir les yeux Et de remuer la bouche. Elle a également toujours sa trachéotomie. Cela fait deux jours que les sédations sont levées; mais aucun signe de conscience est ce normal ?

      1. Bonjour
        Réponse bien difficile ; à priori il n’y a que très peu de lésions anatomiques résiduelles ce qui est un très bon point ; mais il est impossible de savoir si les conditions de l’urgence ont permis une intervention suffisamment sereine sans baisse majeure de la circulation cérébrale qui aurait pu endommager ses neurones dont on connait l’extrême sensibilité au manque d’oxygène; ces lésions ischémiques diffuses ne sont pas tjrs visibles sur des radiographies même très pointues ; néanmoins l’épreuve a été lourde ; votre mère est peut-être encore partiellement sédatée ne serait-ce que pour l’aider à supporter sa sonde trachéotomie ; le délai est encore très court depuis le début de l’arrêt de la sédation ; seuls les médecins qui s’occupent d’elle peuvent vous donner des informations valables sachant qu’il leur est souvent difficile de se prononcer à ce stade ; une des meilleures solutions pour obtenir des informations convenables est souvent de passer par le médecin traitant du patient en lui demandant de prendre contact avec les médecins du service pour obtenir des informations fiables et vous les retransmettre de façon compréhensible , qd on est pas soi-même très habitué au langage médical
        Cordialement

        1. Bonsoir,
          Je voulais vous faire un retour. Après ces étapes ma mère sourit, bouge enfin les mains et commence tout juste les bras mais vraiment très peu et pas très haut, essaie de parler Pour répondre par exemple à une question mais elle est encore en sevrage de la respiration donc on ne l’entend pas. Elle bouge les pieds à présent et arrive à tourner la tête.
          Je m’inquiète car a mon arrivée elle est assez « active » mais elle se fatigue très vite et des fois figée du regard. Il faut que je la stimule pour qu’elle « revienne »; est ce une étape normale ? Aussi du fait qu’elle arrive à bouger ses 4 membres une rééducation est-elle encore possible à 68 ans ?
          Merci à vous.

          1. Bonjour
            Tous les éléments que vous donnez sont plutôt positifs à ce stade du sevrage de la respiration artificielle … sans préjuger des séquelles potentielles sans doute impossibles à définir dès maintenant ; qt à la rééducation elle est non seulement possible mais indispensable pour tenter de les minimiser ; 68 ans est un âge tout à fait compatible avec d’excellentes possibilités de rééducation
            cordialement

      2. Bonjour
        Il est arrivé exactement la même histoire pour ma mère elle est dans le coma à la salpetriere depuis un mois et plus sedatée depuis huit jours. Les médecins sont pessimistes car il n’y a pas de mobilité oculaire consciente elle a juste les yeux ouverts et pas de réactions…
        Dans ces cas là c’est toujours très délicat car on ne sait pas son état de conscience mais cela peut toujours évoluer dans les prochains jours. Patience et courage à vous

  8. Bonjour, mon frère a été mis en coma artificiel, Suite à un Infarctus. J’ai peur d’aller le voir à cause du covid. Il arrive à ouvrir les yeux, mais selon les médecins il n’est pas conscient. Il fait de la température ce soir. Je n’ose pas aller le voir de peur de l’affaiblir. Wu’en pensez-vous ?

    1. Bonjour
      Si il est toujours en coma artificiel votre présence auprès de lui n’a pas d’utilité particulière ; ce sera différent lorsque la sédation sera levée car votre présence pourra l’aider à retrouver plus vite ses repères ; à condition effectivement de ne pas en faire trop pour éviter de le fatiguer ; demandez conseil à l’équipe soignante.
      Cordialement

  9. Bonjour,
    Mon papa a été dans le coma pendant 50 jours suite au Covid 19, problème respiratoire.
    Il a bénéficié de la machine ECMO. Il est réveillé depuis 2 semaines, les médecins sont confiant pour la suite car il n’a plus besoin d’oxygène.
    Par contre depuis son réveil il est très agité, le sevrage des sédatifs reste compliqué pour lui.
    Quand il est réveillé il parle (encore difficilement) , il a toujours des expressions bien à lui… mais il reste par moment confus, il a des hallucinations, il s’endort d’un coup, il veut partir de l’hôpital car il a peur…
    Est-ce normal ces effets secondaires?
    Cela est du au sevrage?
    Faut-il autant de temps pour ne plus être dépendant de ces « drogues » médicalement parlant?

    Merci pour votre aide

    1. Bonjour
      Merci de votre commentaire mais notre site n’a pas vocation à répondre à ce type de situation très particulier ; ce que vous décrivez peut effectivement rentrer dans le cadre d’un réveil normal, bien qu’agité, mais seuls les médecins qui s’occupent de votre père peuvent vous donner des explications vraiment valables tant de facteurs peuvent entrer en jeux à ce stade.
      Cordialement

  10. Bonjour,
    Mon frère a fait une septicémie provenant d’un abcès au foie, il est resté dans un coma artificiel pendant 3 semaines, il est réveillé depuis maintenant 5 jours avec extubation. nous avons eu le droit de le voir q1 fois, il a toujours un peu d’infection, mais le plus inquiétant c’est qu’il a toujours un regard vide très absent, très triste, il ne parle pas à cause des problèmes de cordes vocales, il répond aux ordres comme levez les bras mais les médecins sont inquiets et il parle d’hôpital psychiatrique !!!!! On ne comprend pas, il ne tient évidement même pas debout ect ils ont fait un scanner cérébral il ny a pas d’infection grave, que peut on penser ? Est-ce normal ?

    1. Bonjour
      Sil répond aux ordres c’est qu’il a repris conscience ; cependant il y a des degrés ds la reprise de conscience ; portez lui des photos pour voir s’il reconnait des personnes de son entourage ou du votre et convenez avec lui de signes d’approbation ou de négation ; le pouce vers le haut et le bas convient très bien ; s’il répond ainsi sur des questions plus fines que des ordres simples c’est que son niveau de conscience est pratiquement normal ; si les médecins vous parlent d’une hospitalisation psychiatrique c’est peut-être parce qu’ils pensent à un état dépressif faisant suite à ce que votre frère vient d’endurer … Et si c’est ça il faut bien sur qu’il soit traité ; les dépressions secondaires sont le plus souvent assez facilement réversibles ; je vous conseille , comme toujours de passer par le médecin traitant de votre frère qui a tte légitimité pour demander des explications aux médecins de l’hôpital et qui pourra vous renseigner au mieux
      cordialement

  11. Bonjour,
    Ma mère a été plongée dans la coma artificiel(en tout 4 jours) et sous respirateur suite à un accident de la voie publique..
    Hématome intracrânien..dégradation lors du transport sur le plan ventilatoire..multiples fractures etc..
    Elle en est revenue,ils ont baissé la sédation jusqu’à son réveil et nous avons des nouvelles encourageantes..on dialogue avec elle etc..
    Mais elle est agressive et agacée (ce n’est pas sa nature)..et répond parfois a côté alors qu’il n’y a plus de drogue importante.
    Est ce un processus normal ?cela va t’il revenir à la normale?
    Merci

    1. Bonjour
      Ce que vous décrivez est très courant après un traumatisme crânien sévère ; tout peut effectivement revenir à la normale et son irritabilité , voire son agressivité sont très fréquentes en sortie de coma profond , qu’il soit naturel ou artificiel ; mais cependant cela ne présume pas d’éventuelles séquelles impossibles à déterminer précisément à ce stade ; il peut ne pas y en avoir ou des très minimes , mais aussi de plus importantes notamment sur le plan cognitif et comportemental ; seule l’évolution tranchera la question ; plus elle récupérera vite moins les séquelles seront importantes en principe et inversement ; mais il faut savoir qu’un délai de 2 à 3 ans est le plus souvent nécessaire pour que l’état encéphalique soit définitivement stabilisé et qu’il soit possible d’établir ce que l’on appelle “la consolidation” cad l’état définitif des séquelles potentielles ; un hématome intra-crânien indique seulement l’existence d’une poche de sang ds la boite crânienne sans présager de sa situation et de son volume , considérations néanmoins importantes pour évaluer la possibilité ou non de séquelles ; seule l’équipe médicale qui s’occupe de votre mère peut vous donner des renseignements vraiment utiles mais il lui sera ss doute difficile d’être très précis à ce stade encore très précoce.
      Cordialement

  12. Bonjour;
    Ma cousine a eu un accident de moto.
    Elle a été mise en coma artificiel durant 15 jours.
    Et là voila 15 jours que les médecins ont commencé a réduire les administration médicamenteuse elle a ouvert les yeux mais ne réagit pas 15 jour c’est long. est ce normal?

    1. Bonjour
      Désolé mais les informations que vous donnez sont insuffisantes pour pouvoir vous répondre ; ça peut être normal si elle est encore sédatée , moins si elle ne l’est plus ; seuls les médecins qui s’occupent d’elle peuvent vraiment vous éclairer.
      Cordialement

  13. bonjours, mon fils de 23 viens de sortir de 12 jours de coma artificiel, et placé en soins intensifs suite à un TC sévère. Son éveil a était trés agité ,le lendemain il était trés grossier avec sa soeur, et aujourd’hui avec moi il n’a cessé de parler, mais de propos incohérents avec quelques noms qui refaisaient surface , tel papy, les noms de ses amis mais sans s’énerver ,je ne sais pas s’il m’a reconnu, et je voudrais savoir si aprés 4 jours de sorti de coma il est “normal” de passer par ses étapes. Merci.

    1. Bonjour
      Oui les sorties de coma artificiel après TC sévères sont le plus fréquemment agitées et incohérentes comme vous le décrivez .
      Cordialement

  14. Bonjour,

    Ma grand mère a eu un accident de la route, elle a eu multiples fractures ainsi que du sang dans les poumons mais celui ci a était drainé, la rate a été touchée; elle l’a toujours mais elle ne fait plus son travail et aussi un hématome au cerveau. Elle a était mise dans un coma artificiel pendant 5jours. La phase d’éveil est terminée depuis 6jours mais elle ne communique pas elle bouge seulement les jambes un peu, réagit à la douleur, pleure, bouge les doigts et ouvre les yeux, son regard s’est dévié vers moi aujourd’hui mais pour les médecins ce n’est rien. Aujourd’hui il m’a dit qu’ils allaient faire une ponction pulmonaire, un encéphalograme, une irm, une prise de sang car elle fait de la fièvre ils ne savent pas pourquoi et aussi car ils veulent savoir pourquoi elle ne se réveille pas. Il m’a dit que si rien ne gêne à son réveil dans les examens nous allons devoir réfléchir à prendre une décision mais je trouve cela très tôt cela fait seulement 6 jours qu’elle est en phase d’éveil et chaque jour il y a un nouveau membre qui bouge. Je lui ai même dit que mon fils lui a fait une vidéo que si elle voulait le voir elle n’avait qu’à ouvrir les yeux et c’est ce qu’elle a fait pour moi c’est beaucoup. Je me demande pourquoi il me dit qu’on va devoir réfléchir c’est trop tôt 6jours en phase d’éveil pour prendre une décision, vous ne trouvez pas ? Merci.

    1. Bonjour
      D’après ce que je comprends l’accident est assez récent ( 5+6 = 11j); à moins que vous ne mentionniez pas un temps intermédiaire qui pourrait être nettement plus long ; si ce n’est pas le cas 11 jours parait un délai effectivement court pour juger d’un pronostic à moyen terme ; mais d’autre facteurs entrent aussi en ligne de compte dont l’âge ; il y a des différences très importantes entre le même TC à 70 ans ou à 90 ans avec des risques de dépendances qui sont sans commune mesure ; c’est peut-être de cela que les médecins veulent vous entretenir ; une chose capitale me parait être ds l’évolution de son état de conscience : avez-vous l’impression qu’elle réagit de façon adaptée à vos stimulations ? Et pour cette observation la famille est souvent la mieux placée pour apprécier de petites modifications : essayer de créer un mode de communication non verbal pour elle : ex : ferme la main ou les yeux pour dire oui et posez des questions simples : m’entends-tu ? Reconnais-tu ton petit-fils ? Etc… ;si les réponses sont adaptées , bien sur en acceptant qq erreurs , c’est que son état de conscience est en bonne voie d’amélioration et qu’il faut transmettre ces informations à ses médecins ; sachez ,que de tte manière lui parler , lui montrer des photos , lui rappeler des souvenirs ne peut être que bénéfique car il est prouvé qu’au début de la reprise de conscience c’est presque le plus important ; mais il faut savoir aussi que les TC sont fatigables +++ et que ces recherches peuvent ne servir à rien après qq minutes d’essais infructueux ou après retour d’un examen fatigant (IRM ou autre).
      Cordialement

      1. Merci pour votre réponse rapide.
        Oui l’accident est récent il date du 8 février. Ma grand mère a 76ans. Oui j’ai bien l’impression qu’elle réagissait à mes stimulations car je lui ai dit si tu m’entends fais moi un signe et elle a bougé le pied, après le soucis c’est que je la vois une fois tout les quinze jours c’était la première fois hier. Mon grand père va lui rendre visite tout les 2 jours ce qui est normal et entre il y a sœur, enfants etc.. Mais je vais en parler avec mon grand père qu’il essaie d’établir cette communication non verbale pour voir comment elle réagit et si elle réagit en parler aux médecins. Merci pour ce conseil je vais même faire passer le message à la famille comme ça on essayera si cela fonctionne de communiquer comme cela avec elle. Elle a eu la ponction lombaire hier fin de journée et de nouveau une ce matin ils ont trouvé une bactérie qu’ils traitent actuellement, mon grand père me dit qu’elle a presque pas réagi; cet après midi elle a peu ouvert les yeux. Je pense que les 2 ponctions ainsi que ces nombreux efforts hier ont pu la fatiguer.. Je vous remercie de votre réponse cela fait du bien d’avoir des réponses à ces questions.
        Cordialement

  15. Bonjour,
    Désolée de vous rederanger, ils ont passé un irm et ils ont fait un encephalogramme, ils voient aucune activités dans son cerveau à l’irm et rien qui gène à son réveil dans l’encephalogramme. Son cerveau peut il se remettre à fonctionner où il y a aucunes chances ? Merci d’avance.
    Cordialement

    1. Bonjour
      vos indications ne sont pas assez claires pour que je puisse vous répondre valablement ; ne voir aucune activité ds le cerveau à l’IRM n’a pas vraiment de sens vu qu’il ne s’agit que d’un examen morphologique ; à moins qu’il ne s’agisse d’une IRM fonctionnelle ce qui serait très différent ; si rien d’anormal n’est vu à l’EEG c’est que le rythme cérébral est normal sans préjuger des conséquences sur son état de conscience à venir ; je vous conseille surtout à ce stade de passer par son médecin généraliste qui a ttes latitudes pour téléphoner ds le service où elle est hospitalisée , de recueillir des données utiles et de vous les transmettre de façon compréhensible ; vous comprendrez que notre association n’a pas vocation ni les compétences nécessaires pour suivre l’évolution d’un cas particulier ; nous sommes avant tout une association de familles de cérébrolésés ; nous pouvons répondre à des interrogations générales mais pas celles concernant un cas particulier.
      Cordialement et bon courage

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