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Aide à la reprise de la conduite


Contacter le centre d’aide à la reprise de conduite de la Tour de Gassies : Tel/ 05 56 16 33 33  (le vendredi matin de 9h à 11h en demandant « ergothérapie neuro »)
Mail : uca33.gassies@ugecam-aquitaine.cnamts.fr

 

Reprendre la conduite automobile après une cérébrolésion est évidemment le souhait de la majorité des conducteurs ; malheureusement cette cérébolésion peut impacter lourdement les capacités de conduite souvent plus encore dans le domaine cognitif et comportemental que dans le domaine physique( ce dernier restant de toute façon le plus facile à évaluer) ; pour une première approche nous ne saurions trop conseiller de consulter la fiche de recommandation de bonne pratique de la « reprise de la conduite automobile après une lésion cérébrale acquise non évolutive » mise en ligne par Comète-France en janvier 2016 : courte, complète et synthétique elle permet de trouver facilement le « créneau » de chaque cérébrolésé quand la lésion est stabilisée.

Par ailleurs chaque patient se trouve dans une situation particulière vis à vis de la conduite automobile : la plupart avaient le permis de conduire au moment de l’accident et souhaitent  bien sûr reconduire;  parmi eux certains ont eu une cérébrolésion  sans responsabilité personnelle, d’autres (parmi les traumatisés crâniens par accident de la voie pubique) ont eu leur responsablité engagée avec des conséquences administratives et/ou judiciaires ;  les plus jeunes cérébrolésés n’avaient pas encore leur permis et souhaiteront le passer à un moment ou un autre ; les plus atteints et les plus âgés ne pourront plus envisager de reconduire ce qui va aggraver leur dépendance. En effet le plus souvent la possibilité de reconduire est un élément important de la réinsertion .

Nous avons souhaité donner des informations assez générales mais pour un public le plus large possible afin que chacun puisse se diriger vers ce qui le concerne le plus particulièrement; c’est pourquoi nous avons divisé cette page en
quatre chapitres :

 Nous n’envisageons que les cas de la conduite des véhicules du groupe léger ; ceux du groupe lourd étant par définition soumis à davantage de contrôles et d’interdictions et le plus souvent  à des bilans de santé réguliers et obligatoires.


ABSENCE DE RESPONSABILITÉ CONDUCTEUR DANS LE HANDICAP

C’est le cas le plus fréquent car il concerne:

  • les traumatisés crâniens  non victimes d’ accident de la circulation
  • ceux liés à un  accident de circulation mais sans responsabilité dans le sinistre
  • tous les autres cas de cérébrolésion acquise.

Il s’agit donc de personnes qui ont conservé leur permis de conduire et qui pourraient estimer en toute logique qu’elles ont le droit de reconduire dès qu’elles se sentent capables de le faire : il s’agit là d’une grosse erreur d’interprétation  car :
Tout cérébrolésé modéré à sévère dont l’accident ne met pas en cause sa responsabilité de conducteur ne doit pas reconduire avant d’avoir repassé une visite de contrôle auprès d’un médecin agréé par la préfecture; en effet la conservation de son permis de conduire n’est pas un élément suffisant pour lui permettre de reconduire: en cas d’accident son assurance considérera qu’il n’est pas assuré, faute de ne pas avoir déclaré son handicap.

Il y a évidemment des degrés à cette règle générale suivant la gravité de la cérébrolésion et c’est ainsi qu’ont été édictées en janvier 2016 un certain nombre de recommandations consultables sur le site suivant de la HAS-Comète France .

Il est indispensable de les lire en détail mais on peut ici en donner les grandes lignes directrices:

En cas de TC léger sans signe clinique inquiétant  il est conseillé de ne pas conduire dans les 24 h suivantes; en cas de signes cognitifs persistants une évaluation des capacités de conduite est nécessaire auprès d’un médecin agréé.

En cas de TC modéré à sévère une évaluation pluriprofessionnelle des capacités de conduite et une consultation auprès d’un médecin agréé sont une obligation réglementaire.

En cas d’AIT ou d’AVC mineur (cad sans prise en charge rééducative après hospitalisation) il est conseillé de respecter un délai minimum de 15 j avant de reconduire, de passer un examen neurologique avec le médecin du parcours de soin et une consultation obligatoire avec un médecin agréé.

En cas d’AVC modéré à sévère :pas de reprise de la conduite avant un délai minimum de 1 mois; évaluation pluriprofessionnelle des capacités de conduite automobile et obligation réglementaire d’une consultation auprès d’un médecin agréé.

Pour les autres cérébrolésions (mineure, modérée à sévère) faire comme pour les AVC

Au terme de ce bilan l’équipe multidisciplinaire et le médecin doivent une information claire et loyale au patient: dans certains cas il ne pourra pas reconduire (voir plus loin contre-indications absolues à la conduite automobile); dans d’autres la reprise sera possible après des rééducations et réentrainements spécifiques mais sans pouvoir en garantir l’efficacité; quand la reprise est d’emblée possible le patient doit être informé des démarches de régularisation vis à vis de la préfecture et de son assurance ainsi que de la mise en place des aménagements du poste de conduite et des aides mobilisables pour leur mise en œuvre.

La consultation du médecin agréé, ainsi que l’évaluation pluriprofessionnelle ne sont, en principe, pas remboursées  sauf si le taux d’invalidité établi par la MDPH est égal ou supérieur à 50%, si la cause de la cérébrolésion fait intervenir un tiers responsable et dans certaines circonstances par l’assurance complémentaire du patient (assurance civile ou assurance conducteur)… éventuellement demander l’avis de son avocat spécialisé dans la réparation du préjudice corporel.

Retenons également que le médecin traitant ne dispose pas de la possibilité d’interdire de conduire à un patient récalcitrant ; il doit alerter le patient sur les risques et la nécessité de consulter un médecin agréé mais il ne peut l’y obliger car : »tout titulaire d’un permis de conduire est supposé s’assurer lui-même de son aptitude à la conduite en cas de survenue d’un handicap , d’une pathologie ou d’un traitement susceptible d’entraîner un risque au volant »; si cela ne lui a pas été prescrit expressément il doit spontanément contacter un médecin agréé ou la commission médicale des permis de conduire ; le non respect de cette obligation peut mettre en cause sa responsabilité en cas d’accident.

Néanmoins il est des cas où la lucidité du  patient est suffisamment altérée pour qu’une alerte au préfet (seul habilité à ordonner un examen médical d’aptitude) devienne nécessaire ; dans la mesure du possible il est alors souhaitable que le médecin passe par la famille concernée en lui demandant de faire elle-même cette alerte ; sinon il se trouvera dans l’obligation de le faire . Ces cas extrêmes concernent surtout les problèmes de consommation d’alcool et de stupéfiants en plus de la cérébrolésion elle-même ; mais quelquefois aussi certains TC très désinhibés.

Comment trouver un médecin agréé pour le permis de conduire?

Dans  les situations ici signalées,  où la responsabilité du cérébrolésé n’est pas engagée et en particulier quand l’ accident n’est pas en rapport avec un problème de conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants (concernant le cérébrolésé lui-même), la visite se fait auprès d’un médecin agréé ; on en trouve facilement les coordonnées en cliquant sur : visite médicale -permis de conduire ; le médecin agréé ne doit , en aucun cas, être le médecin traitant du patient.

Si les séquelles neurologiques sont complexes ou appartiennent à une liste préétablie la visite doit se faire auprès de la Commission Préfectorale du permis de conduire composée de médecins spécialisés ; demander l’information auprès du médecin agréé.

Les contre-indications absolues à la reprise de la conduite automobile.

Certaines ne sont pas liées à la cérébrolésion comme :

  • L’insuffisance cardiaque majeure
  • La dépendance avérée à l’alcool et/ou aux stupéfiants avec refus de traitement
  • Les pathologies de la somnolence
  • Certaines pathologies psychiatriques majeures
  • Les démences

D’autres, sans être l’apanage des CLA, peuvent en être la conséquence :

  • Les troubles cognitifs majeurs
  • Certains handicaps physiques majeurs d’origine orthopédique et/ou neurologique rendant le poste de conduite inappareillable
  • Les troubles graves de l’équilibre et de la coordination
  • L’épilepsie mal contrôlée chez les patients ne suivant pas correctement leur traitement; par ailleurs la législation impose aux cérébrolésés victimes d’un traumatisme crânien ouvert ou ayant dû subir une crâniotomie d’attendre un délai de 1 an sans crise avant de reconduire
  • Certaines altérations visuelles dont surtout la diplopie (voir double) permanente et non corrigible et les pertes importantes du champ visuel : hémianopsie latérale homonyme, héminégligence persistante (après AVC droit notamment) ; à signaler que la perte d’un œil (cécité unilatérale) n’est pas une contre-indication à la conduite si l’autre œil est parfaitement fonctionnel :cependant un examen ophtalmologique détaillé reste indispensable et si la cécité est récente elle contre-indique la reprise de la conduite pendant un minimum de 6 mois.

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RESPONSABILITÉ CONDUCTEUR RECONNUE

Cette situation est fréquente car beaucoup de TC sont secondaires à des accidents de circulation dans lesquels la responsabilité du traumatisé lui-même est impliquée; dans ces conditions le permis de conduire peut avoir été suspendu ou annulé.

Dans les cas les moins graves il s’agit seulement d’une suspension administrative qui ne peut excéder 6 mois.

Dans les cas plus graves ou si le contrevenant a fait appel de la décision de suspension administrative (et si celle-ci est confirmée) on entre alors dans la suspension judiciaire : c’est le cas notamment si il y a eu  dépassement de 40 km/h de la vitesse autorisée ou si l’alcoolémie était supérieure à 0,80 g/l ; dans ces situations c’est le tribunal qui fixe la durée de la suspension et qui peut selon les cas aménager ou non la peine.

Rappelons que dans ces deux modalités de suspension (administrative ou judiciaire) le conducteur ne pourra pas récupérer son permis avant d’avoir passé une visite médicale auprès d’un médecin agréé ; celle-ci peut impliquer des demandes d’analyse dont les résultats ne sont pas immédiats : il est donc nécessaire de s’en préoccuper avant la fin de la période de suspension.

Dans les cas les plus graves il s’agit de l’annulation judiciaire du permis notamment lorsque l’infraction a entraîné la mort ou des blessures involontaires ou lorsque l’alcoolémie a été détectée égale ou supérieure à 0,80 g /l. Ces cas sont malheureusement assez fréquents dans les TC sévères par accident de circulation. L’annulation judiciaire, comme la suspension, est prononcée pour une durée déterminée pendant laquelle le blessé ne peut ni conduire ni préparer le passage d’un nouveau permis ; celui-ci ne pourra être envisagé qu’à la fin de la période d’annulation et après une visite auprès d’un médecin agréé ; quand l’infraction est en rapport avec une alcoolémie élevée ou quand les séquelles appartiennent à une liste d’affections référencées complexes la visite médicale est confiée à la Commission Préfectorale du Permis de Conduire composée de médecins  spécialisés

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RÉENTRAINEMENT A LA CONDUITE

Au terme de cette visite médicale le médecin agréé ou la Commission donne un avis soit:

  • favorable sans réentrainement particulier
  • d’interdiction définitive
  • d’interdiction temporaire : dans ce cas doit être proposé un programme de réentrainement permettant au patient de retrouver ses capacités de conduite.

 NB: En cas de désaccord , il est possible de solliciter la commission départementale d’appel.

En cas d’autorisation de la reprise de conduire celle-ci peut être donnée pour une durée limitée, au terme de laquelle un nouveau contrôle décidera du maintien ou non de cette autorisation.

En cas d’interdiction temporaire le médecin habilité doit proposer un réentrainement à la conduite ; ce réentrainement à visée des cérébrolésés a été initiée par le Centre de réadaptation de Mulhouse et a essaimé un peu partout en France ; dans la région bordelaise le Centre de La Tour de Gassies propose ce service qui commence par un rendez-vous avec un ergothérapeute pour apprécier la mise en place d’aide à la conduite ou la nécessité d’aménager le poste de conduite ; puis la visite auprès d’un médecin de médecine physique et de rééducation ; un bilan neuropsychologique est souvent utile pour les cérébrolésés ; puis sont réalisés des essais en situation réelle avec un véhicule équipé d’une double commande avec un moniteur d’auto-école spécialisé et un ergothérapeute ; pour plus de détails voir : UCA 33.

Ce réentrainement doit être prescrit par le médecin agréé ou par la Commission ; vous pouvez trouver le plan de préparation à plaquette d’information. comete france.

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PASSER OU REPASSER LE PERMIS APRÈS UNE CLA

La base est évidemment d’avoir obtenu l’avis favorable du médecin agréé ou de la commission préfectorale du permis de conduire après l’évaluation multidisciplinaire et la consultation médicale spécialisée; si cette dernière a conclu à la nécessité d’un réentrainement et d’une nouvelle évaluation à terme,  se rapporter au chapitre précédent ; à signaler que  ces consultations ne sont en général pas remboursées sauf si le cérébrolésé a un handicap évalué à plus de 50 % par la MDPH ; en cas de réparation intégrale obtenue par voie judiciaire les frais engagés seront remboursés par l’assurance adverse.

Il est plus que souhaitable de s’adresser à une auto-école ayant un volet de compétence dans le handicap et des véhicules spécifiques pouvant s’adapter à divers handicaps physiques ; néanmoins aucune ne peut prévoir tous les cas possibles ; dans les cas extrêmes, si les chances d’obtenir le permis sont très élevées et si son obtention  est vraiment prioritaire il peut devenir nécessaire d’adapter un véhicule personnel sur lequel la personne handicapée aura ses leçons de conduite et passera son examen de circulation ; ce véhicule devra bien entendu être également muni de doubles commandes pour le moniteur et l’inspecteur ; c’est dire que les frais à prévoir seront élevés pour l’élève, sauf s’il bénéficie de la réparation intégrale mentionnée ci-dessus.

Pour s’adresser à une auto-école prenant en charge les personnes handicapées cliquer sur liste auto-écoles adaptées.

Il faudra sans-doute prévoir un temps d’apprentissage plus long voire beaucoup plus long quelquefois ; le fait que la commission ait donné un avis favorable pour le réentrainement puis le passage du permis n’est pas un gage absolu de réussite ; néanmoins la motivation en reste un élément majeur ; il faut bien entendu compter sur des frais supplémentaires par rapport à une population non handicapée mais dans certaines conditions une partie de ceux-ci peut être prise en charge par la PCH (voir MDPH) ou en totalité par l’assurance adverse dans la réparation intégrale.

Enfin lors de l’obtention du permis et de la reprise de la conduite il est capital de ne pas oublier de préciser à son assurance les conditions nouvelles de handicap et les éventuels aménagements réalisés sur le véhicule.

 

Télécharger le document « Reprise conduite automobile après Cérébro-lésions acquise janvier 2016« , format pdf… Cliquer ICI

Ce document présente les points essentiels de la recommandation de bonne pratique « Reprise de la conduite automobile après une lésion cérébrale acquise non évolutive »
Ces recommandations et l’argumentaire scientifiques sont consultables dans leur intégralité sur les sites des promoteurs : Comète France, SOFMER, FEDMER, IFSTTAR
Cette recommandation de bonne pratique a reçu le label de la Haute Autorité de santé en janvier 2016

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Date de la dernière modification : 13 novembre 2019

La réinsertion

La réinsertion vise pour chaque cérébrolésé le meilleur niveau de réintégration possible, compte-tenu des séquelles, des ressources du milieu mais aussi des souhaits des patients. Par ailleurs cette réinsertion doit aussi s’inscrire dans la durée : ce qui parait réalisable pour une courte période peut ne pas l’être pour toute une vie : viser trop haut au départ peut entraîner des déceptions source de démotivation puis de démoralisation.
Enfin l’avis du cérébrolésé prime toujours en dernière intention pour obtenir la réussite de son projet de vie.

Atteindre la meilleure réinsertion nécessite :

  • Une évaluation aussi précise que possible des séquelles
  • Un réentraînement vers la vie sociale et/ ou professionnelle
  • La possibilité (ou non) de la reprise de la conduite automobile
  • Et pour l’enfant une réinsertion scolaire satisfaisante

 

Chapitres :
Évaluation des séquelles
Réentrainement vers la vie sociale et/ou professionnelle
Reprise de la conduite automobile
Réinsertion scolaire chez l’enfant


Évaluation des séquelles

Les séquelles physiques

Les séquelles motrices
sont très variables ; 70% des TC sévères et 85% des AVC survivant à l’accident récupèrent une autonomie de marche.
A côté Il faut signaler les cas assez rares mais toujours dramatiques d’états végétatifs chroniques, paucirelationnels et déficitaires majeurs pour qui l’autonomie est définitivement perdue ; pour ces patients on ne peut envisager qu’un placement institutionnel, ou dans certains cas très particuliers un retour à domicile avec un entourage familial très motivé et des aides humaines et techniques largement pourvues (voir états EVC -EPR); il n’en est pas moins nécessaire d’élaborer pour eux un projet de vie qui ne soit pas une simple gestion des difficultés au jour le jour mais qui inclut des sorties, un maintien de la communication et de la qualité de vie orientée vers certaines satisfactions et la lutte contre le mal être.

Les séquelles sensorielles
peuvent être:

visuelles: les plus fréquentes et les plus gênantes

  • cécité bilatérale ( 0,5% des cas)
  • cécité unilatérale ( 2%)
  • hémianopsie (4%) : voir lexique
  • atteinte de l’oculomotricité : diplopie : voir lexique
auditives:
  • baisse de l’audition ou surdité (en général unilatérale)
labyrinthiques :
  • donnant vertiges et déséquilibres : fréquentes au début mais rarement invalidantes par compensation ultérieure ; elles contre-indiquent cependant tout travail en hauteur
Les épilepsies séquellaires

80% apparaissent pendant les deux premières années ; leur apparition est favorisée par la gravité de la cérébrolésion, et dans le cas du TC par les contusions, l’embarrure avec plaie crânio-cérébrale et les hématomes intra-cérébraux : voir séquelles physiques du TC.
Ne pas oublier que la consommation d’alcool augmente nettement le risque de crises!

Les séquelles neuro-psychologiques

sont en proportions variables dans les cérébrolésions graves:

Les séquelles cognitives
  • Troubles de mémoire (40% des TC sévères).
  • Troubles de la communication : plutôt d’ordre phoniatrique chez le TC et aphasique pour l’AVC
  • Syndromes frontaux de gravité diverses
  • Détérioration mentale parfois
Les séquelles psycho-affectives et émotionnelles

Psycho-syndrome organique :
surtout dans le TC

  • Labilité émotionnelle
  • Accès répétés d’agressivité
  • Altération du sens des valeurs sociales
  • Apathie et indifférence
  • Pensées persécutrices et/ou obsessionnelles pouvant revêtir parfois un caractère réellement névrotique

Ce syndrome peut disparaître après la phase de récupération.

Syndrome anxieux et/ou dépressif :
surtout dans l’AVC

Le syndrome dépressif est particulièrement à redouter après l’AVC : il débute souvent par de la tristesse, des pleurs, des troubles du sommeil, un refus de nourriture.
On estime qu’il survient dans 40% des cas dans l’année qui suit l’AVC . La dépression précoce s’améliore souvent au fil des semaines mais une dépression secondaire apparaît dans les mois qui suivent l’AVC chez 15% des personnes initialement non déprimées, notamment quand la courbe de récupération s’infléchit ; la gravité de la cérébrolésion n’est pas seule en cause, la personnalité du patient et l’entourage familial étant aussi très importants ; n’oublions pas que la dépression peut atteindre l’entourage familial et que dans ce cas la prise en charge doit s’étendre aussi à l’aidant déprimé.

Troubles caractériels :
surtout dans le TC sévère : avec instabilité de l’humeur, impulsivité , régression affective, égocentrisme et exigence à l’égard des proches.

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Réentrainement vers la vie sociale et/ou professionnelle

Pour les cérébrolésés en âge de travailler la réinsertion professionnelle est une grande victoire car parmi les causes de handicap ce sont sans doute les séquelles des cérébrolésions et tout particulièrement des TC qui entraînent les plus grandes difficultés en raison des troubles cognitifs qu’ils génèrent.

Pour les jeunes qui ne pourrons pas reprendre le travail la réinsertion sociale reste un objectif très important qui leur permettra de retrouver une autonomie, de tisser des liens amicaux pouvant aller parfois jusqu’à permettre une vie en couple, et enfin d’utiliser leur temps libre de façon intéressante et constructive.
A ce propos il faut signaler la forte appartenance de groupe des traumatisés crâniens entre eux !

Réinsertion socio-familiale

Elle est conditionnée par :

le handicap situationnel :

pouvoir réaliser :

  • les actes élémentaires de la vie quotidienne: se mettre au lit et se lever, faire sa toilette, s’habiller, manger et boire, se déplacer dans le logement, aller aux toilettes….
  • les actes plus complexes de la vie quotidienne : préparer ses repas, se déplacer à l’extérieur, faire la vaisselle et le ménage, savoir communiquer avec l’extérieur en cas de détresse+++

être autonome dans la vie domestique et sociale :

  • gérer ses biens
  • organiser ses loisirs
  • faire des projets cohérents pour l’avenir
  • tenir sa place dans le groupe social (40% seulement des TC graves retrouveront cette autonomie)
Les ressources du milieu

La famille :
est toujours très éprouvée dans les phases initiales; mais alors que le retour à domicile est vécue positivement au début, ce sentiment s’étiole souvent avec le temps en raison de la confrontation progressive avec des problèmes imprévus : c’est à ce moment que les AFTC sont les plus mobilisées : d’où l’importance de pouvoir communiquer avec d’autres familles (intérêt de faire partie d’une AFTC) ; la consultation « Handicap et Familles » du Pavillon Tastet-Girard de l’Hôpital Pellegrin à Bordeaux a été conçue pour ces situations.

Les institutions :

Les maisons d’accueil spécialisées (MAS) sont destinées à recevoir des personnes adultes de moins de 60 ans lourdement handicapées sans autonomie et nécessitant une surveillance médicale et des soins constants ; le financement est assurée par la Sécurité Sociale.

Les foyers d’accueil médicalisés (FAM) dits aussi foyers à double tarification (FTD) car financés à la fois par la Sécurité Sociale et le Département, reçoivent des personnes moins handicapées mais dépendantes de tierce-personnes pour la majorité des actes de la vie courante et nécessitant également une surveillance médicalisée.

Les foyers occupationnels sont destinées à des personnes plus autonomes (même si certaines ont besoin de tierce-personnes) et pouvant se livrer à des occupations sociales (informatique, sport, travail artistique, jeux etc..); les frais d’hébergement sont à la charge principale de la personne hébergée ; l’hébergement est en principe journalier et étalé sur les jours de la semaine (hors WE).

Les services d’accompagnement médico-sociaux pour adultes handicapés (SAMSAH) se déplacent sur les lieux de vie pour coordonner les divers intervenants et favoriser la réinsertion sociale et/ou professionnelle, en relation le plus souvent avec les UEROS.

En pratique dans la région bordelaise :

L’accompagnement à la réinsertion sociale se fait par :

  • bilan cognitif (Pavillon de Tastet-Girard – Hôpital Pellegrin)
  • appartement thérapeutique et SAMSAH
  • bilan professionnel et social de la Tour de Gassies

Le logement :
ce sont surtout les maisons familiales sous-louées par l’AFTC Avenir qui reste en communication avec les patients et résout nombre de difficultés pour les familles.

Les associations prestataires de service
qui forment et emploient les tierce-personnes spécialisées dans l’accompagnement des cérébrolésés.

Les activités proposées
sont essentielles , quand la reprise de travail en milieu ordinaire n’est pas possible :

  • travail protégé en ESAT (Établissement et service d’aide par le travail) notamment l’ESAT Gaillan-Richelieu de Floirac plus spécialement conçu pour accueillir les cérébrolésés.
  • le bénévolat
  • activités occupationnelles : CAJ et GEM
  • les loisirs et les vacances par l’intermédiaire de l’ARECA (actions de recherches éducatives, culturelles et artistiques) pour organiser WE, mini-séjours et vacances d’été.

Réinsertion professionnelle

Facteurs pronostiques :

Positifs :

  • bon niveau intellectuel et insertion professionnelle stable antérieure ou
  • travail antérieur routinier, facile, sans responsabilités importantes

Négatifs :

  • Sévérité du TC
  • Séquelles cognitives et comportementales
  • Absence de flexibilité mentale
  • Certaines séquelles motrices très invalidantes
  • Épilepsie post-traumatique
  • Mauvaise volonté de l’employeur ; absence d’aménagement des conditions de travail
Évaluation des capacités de travail :

Cette évaluation se fait tout au long du processus de rééducation et de réadaptation ; d’abord sur l’avis des ergothérapeutes, puis, quand la réinsertion parait possible, grâce à la filière UEROS.

Faciliter la reprise du travail :

La reprise de l’activité antérieure est à privilégier chaque fois que possible, quitte à la différer .
Chez le TC longtemps arrêté, privilégier la reprise à mi-temps, voire un simple bénévolat dans l’entreprise antérieure (importance du médecin du travail).
Par contre chez le TC léger ne pas prolonger excessivement l’arrêt de travail : au contraire inciter à une reprise précoce.

Réorientation vers les filières classiques :

Quand la reprise de l’activité antérieure s’avère impossible, une reconversion professionnelle peut s’envisager, mais c’est une option difficile pour le cérébrolésé .
D’abord il faut trouver le bon moment pour s’y engager : trop tôt certaines déficiences encore importantes risquent d’amener à l’ échec ; trop tard la reprise d’une formation suite à un arrêt prolongé peut devenir impossible .
De plus les structures de reconversion ont souvent des a priori assez défavorables sur ce type de séquelles ; seules la patience et la détermination peuvent permettre de réussir.

Les filières UEROS :

prennent en charge les cérébrolésés sur 3 stages de 4 semaines : le premier est consacré au savoir-faire résiduel, les deux autres à une mise en situation avec des entreprises conventionnées ; puis si l’expérience est satisfaisante, des stages de plus longue durée sont réalisés préludant à l’intégration définitive.

Parmi ceux qui ont pu y entrer on note, à 5 ans :
– 12% de reprise d’activité professionnelle à plein temps en milieu ordinaire,
– 25% dans des conditions aménagées et
– 5% en reconversion professionnelle ;
soit plus de 40% de réintégration effective dans le monde du travail.

Autres expériences innovantes :

avec des éducateurs professionnels qui interviennent sur le lieu même du travail et facilitent les relations entre patient, employeur et collègues.

Le travail protégé en ESAT

peut avoir des vertus thérapeutiques et constituer dans certains cas un passage intermédiaire avant la reprise d’une activité en milieu ordinaire.

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Reprise de la conduite automobile

La reprise de la conduite automobile est évidemment un facteur important de réinsertion réussie ; mais les cérébrolésés sans séquelle physique majeure sont parfois plus en difficulté dans ce domaine que des personnes très handicapées physiquement mais n’ayant pas eu d’atteinte cérébrale, car ces derniers disposent de tout une palette d’aménagement de véhicules qui peuvent compenser des difficultés physiques très diverses ; les troubles cognitifs, à eux seuls, peuvent constituer une contre-indication absolue à la conduite automobile, de même que certaines séquelles visuelles fréquentes dans la cérébrolésion…. en attendant peut-être « les véhicules intelligents » !

Il faut d’emblée insister sur une recommandation capitale :

Tout cérébrolésé modéré à sévère dont l’accident ne met pas en cause sa responsabilité de conducteur (ou en tout cas ne lui a pas fait perdre son permis de conduire) ne doit pas reconduire avant d’avoir repassé une visite de contrôle auprès d’un médecin agréé par la préfecture ; en effet la conservation de son permis de conduire n’est pas un élément suffisant pour lui permettre de reconduire : en cas d’accident son assurance considérera qu’il n’est pas assuré , faute de ne pas avoir déclaré son handicap.

Cette visite est aussi fortement recommandée pour les TC légers quand le blessé ressent des troubles comme une fatigue anormale, des vertiges, une lenteur intellectuelle, des troubles visuels etc…

Enfin cette visite est obligatoire après tout AVC même mineur.

On trouvera dans un document émanant de la SOFMER tous les détails nécessaires : obligations réglementaires, délai avant la reprise de la conduite suivant les cérébrolésions etc…

Les contre-indications majeures à la reprise de la conduite sont :

  • les troubles cognitifs importants
  • certaines altérations visuelles : diplopie permanente ; plus encore hémianopsie latérale homonyme (perte complète d’un champ de vision à gauche ou à droite) ou héminégligence persistante (perte de la connaissance d’un hémi-espace, le plus souvent à gauche dans l’AVC droit)
  • l’épilepsie mal contrôlée : la législation française demande d’attendre un délai d’un an sans crise pour les blessés ayant eu un trauma crânien ouvert ou une craniotomie avant de reprendre la conduite automobile; en dehors de ces cas elle est autorisée chez les blessés ayant présenté des crises mais suivant régulièrement leur traitement.

Si le médecin agréé donne un avis défavorable il doit préciser si l’interdiction est définitive ou temporaire ; dans ce cas il devra conseiller la reprise de leçons auprès d’une auto-école spécialisée avec un moniteur au courant du problème de la cérébrolésion ; si les troubles sont trop importants pour que de simples leçons soient considérées comme suffisantes, il peut l’orienter vers des structures spécialisées de rééducation à la conduite utilisant des techniques de réentrainement moderne (dont la conduite sur simulateur) : voir association pour la réadaptation et la formation professionnelle.

Enfin le problème de repasser (ou de passer pour la première fois) le permis de conduire chez un cérébrolésé est une éventualité assez fréquente ; il est conseillé de s’adresser à une auto-école spécialisée; il faut savoir aussi qu’au moment de l’examen un délai de réflexion un peu plus long peut être accordé légalement par l’examinateur en fonction du handicap.

Pour plus de détails voir la page : aide à la reprise de la conduite

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Réinsertion scolaire chez l’enfant

Ce sujet concerne surtout l’enfant traumatisé crânien, les autres cérébrolésions de l’enfant étant beaucoup plus rares et posant chacune des questions spécifiques .C’est chez l’enfant TC que l’on trouve les troubles du comportement les plus gênants.

Bilan des troubles séquellaires :

La mémoire :

est nettement altérée chez les TC modérés et sévères ; les troubles portent aussi bien sur la mémoire déclarative (possibilité d’organiser un discours à partir de souvenirs stockés) que sémantique (mémoire des connaissances apprises) obligeant à réapprendre des pans importants du programme scolaire.

Le langage :

récupère assez bien après les séances d’orthophonie ; une année est nécessaire pour atteindre l’objectif ; il restera souvent une baisse des capacités syntaxiques.

L’efficience intellectuelle générale :

se rétablit le plus souvent sauf les capacités visio-constructives qui restent souvent altérées dans le TC sévère.

Les troubles affectifs et comportementaux :

ressemblent beaucoup à ceux de l’adulte : apathie et indifférence ou au contraire hyperactivité désordonnée avec troubles de l’attention, impulsivité et irritabilité ; troubles d’adaptation sociale : manque de politesse, désinhibition, pleurs, colères, questions déplacées….Tous ces troubles sont plus importants chez les garçons que chez les filles.

Les étapes obligées

L’évolution psychologique des parents :

qui doivent remettre en question le projet de vie en abandonnant le plus souvent l’idée d’études supérieures et en privilégiant des filières courtes rapidement professionnalisées.Ils doivent aussi comprendre que le manque d’effort apparent de leur enfant, son manque de volonté et de motivations sont en rapport avec les séquelles organiques de son traumatisme crânien et non avec une attitude opposante.

La rééducation :

orthophonique ne s’occupe pas seulement du langage mais aussi de la lecture , l’écriture, le calcul, le raisonnement, l’activité gestuelle et la mémoire verbale ; le rôle de l’orthophoniste est aussi de sonder les connaissances de l’enfant ce qui peut obliger à reprendre quelques bases éducatives ; cependant ce n’est pas un professeur privé ; il est souvent conseillé d’en prendre un pour compléter le travail de l’orthophoniste (seul à être remboursé par la Sécurité Sociale).

psychomotricité (pas remboursée) : elle est très utile pour réapprendre la reconnaissance de son corps, la gestuelle, l’appropriation de l’espace, la latéralité, l’équilibre etc…

Le retour à l’école :

en moyenne : 2 à 4 semaines après un TC léger; 3 mois après un TC modéré ; 1 à 2 ans après un TC sévère.

quelques règles :

  • remettre l’enfant dans la même classe que celle qu’il suivait avant son accident.
  • redoublement presque obligatoire pour le TC sévère.
  • savoir se résoudre à placer les enfants qui ne progressent pas en institut médico-pédagogique. Pour les autres privilégier autant que possible le milieu scolaire ordinaire , les enfants cérébrolésés progressant mieux au contact d’enfants non handicapés.
  • savoir demander l’avis de la CDES (commission d’éducation spécialisée) et les services du SESSAD (service d’éducation spécialisée et de soins à domicile).
  • s’il n’existe pas d’institution spécialisée de proximité placer l’enfant dans un établissement scolaire spécialisé dans l’éducation des enfants en difficulté d’apprentissage.
  • règle de base : ne pas faire de comparaison avec les enfants du même âge non TC : » l’essentiel reste de ne pas confronter l’enfant à une demande pédagogique hors de proportion avec ses capacités, d’adapter le soutien pédagogique à ses besoins et de réévaluer et réajuster périodiquement le projet en fonction de l’évolution ».
  • pour l’enseignant en situation scolaire ordinaire il serait souhaitable que des informations lui soient fournies sur les séquelles des cérébrolésions et sur la spécificité des séquelles cognitives, notamment  sur la lenteur et la fatigabilité de ces enfants ; il faut leurs éviter la mise en situation d’échec en développant une attitude « observante et expectante »( C.Sarralié-maître de conférences en sciences de l’éducation pour enfants handicapés).

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Date de la dernière modification : 13 novembre 2019

 

 

Le SAMSAH (Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés)

Contacter le SAMSAH : tel/05 56 56 99 90
mail : rimbaud.aurelie@ladapt.net

Le SAMSAH (Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés),

de l’association LADAPT Nouvelle Aquitaine, est un service d’accompagnement médico-social s’adressant à des personnes cérébro-lésées, et plus particulièrement des traumatisés crâniens à la phase séquellaire (GOS 2-3), consolidés sur le plan médical et inscrits dans une dynamique de projet de vie en milieu ordinaire. Situé au centre de Bordeaux, il est agréé pour 60 places.

Le SAMSAH a pour objet de répondre de façon adaptée aux attentes et besoins des personnes. Il contribue « à la réalisation du projet de vie de personnes adultes handicapées par un accompagnement adapté favorisant le maintien ou la restauration de leur lien familiaux, sociaux, scolaires, universitaires ou professionnels et facilitant leur accès à l’ensemble des services offerts par la collectivité» Décret n°2005-223 du 11 mars 2005.

Les personnes admises devront être majeures et avoir moins de 60 ans à la date de leur admission et résider en Gironde.
Les candidatures sont soumises à une procédure de demande d’admission préalable qui permet d’établir une liste d’attente.
Toute admission est conditionnée par la réception de la décision d’orientation SAMSAH notifiée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées).

Le service est financé par l’Agence Régionale de la Santé et le Conseil Départemental. Il n’est demandé aucune participation financière aux personnes.

Pour mener à bien ces missions, dans le respect du projet de vie et des capacités d’autonomie et de vie sociale de chaque usager, le SAMSAH organise et met en œuvre les prestations suivantes :

  • Coordination et accompagnement médical et paramédical en milieu ouvert

  • Évaluation des besoins et des capacités d’autonomie dans l’accomplissement des actes de la vie quotidienne et des activités de la vie domestique et sociale

  • Identification de l’aide à mettre en œuvre et délivrance d’informations et de conseils

  • Suivi et coordination des actions des différents intervenants

  • Soutien des relations avec l’environnement familial et social

  • Appui et accompagnement contribuant à l’insertion sociale, universitaire, professionnelle ou favorisant le maintien de cette insertion

L’accompagnement s’adapte à la demande des personnes, elle peut être régulière ou ponctuelle.

Les prestations sont délivrées au domicile de la personne, sur le service ainsi que dans tous les lieux où s’exercent ses activités sociales, de formation, et ses activités professionnelles en milieu ordinaire ou protégé.

Le SAMSAH est ouvert du lundi au jeudi de 8h30 à 17h et le vendredi de 8h30 à 16h. Il est fermé le week-end et les jours fériés.

Pour tout renseignement vous pouvez contacter le service par téléphone au 05 56 56 99 90 ou par mail samsah33@ladapt.net ou par courrier :

SAMSAH LADAPT
Les Jardins de Gambetta
74 rue Georges Bonnac
Tour 2 – 2ème Étage
33000 Bordeaux

Date de la dernière modification : 23 février 2019

 

 

De la rééducation à la réinsertion

A la fin des soins d’urgence le patient cérébrolésé entre dans une nouvelle période qui va le conduire progressivement hors des institutions médicales ; cette période sera en principe d’autant plus longue que la cérébrolésion a été grave ; mais elle sera aussi variable selon la pathologie en cause ; en effet, par exemple le délai entre la sortie de l’urgence et la consolidation est plus court pour un AVC ou une anoxie cérébrale (quelques mois) que pour un traumatisme crânien sévère (pas avant 3 ans pour un adulte et pas avant l’âge de 18 ans pour un enfant).

Cette période va s’étaler sur trois phases : la rééducation, la réadaptation et la réinsertion dont il faut bien comprendre les différences :

  • la rééducation consiste a essayer de minimiser au maximum les séquelles tant physiques que neuropsychologiques par une action essentiellement médicale (médecins rééducateurs, kinésithérapeutes etc…)
  • la réadaptation se donne pour but d’adapter les séquelles incompressibles au milieu extérieur et vice-versa pour que ces dernières soient source du minimum de difficultés possibles dans l’environnement (handicap minimal compte -tenu des séquelles).
  • la réinsertion cherche à réintroduire la personne cérébrolésée dans le milieu le plus adapté à son état en tenant compte de ses désirs mais aussi de ses possibilités ( projet de vie)

On comprend donc bien la logique de ce processus pendant lequel aucune phase ne peut passer avant l’autre ; mais il est bien évident que ces trois étapes ne sont pas étanches : il ne faut pas attendre que la rééducation soit terminée pour commencer à réadapter ! Par ailleurs autant le pronostic vital est difficile à fixer au départ, autant le pronostic fonctionnel l’est aussi par la suite : des déficiences qui paraissaient définitives peuvent s’améliorer à un moment inattendu modifiant l’orientation prise initialement ; sans compter avec l’état d’esprit du patient qui joue un grand rôle dans les résultats de la rééducation ; mais cet état d’esprit peut lui-même se modifier à tout moment : évaluation plus pertinente de ses déficiences notamment qui peut le conduire aussi bien à une démobilisation qu’à un sursaut de motivation, attitudes d’esprit qui auront bien entendu un impact sur le résultat final.Ces considérations générales ne doivent surtout pas faire porter des avis trop sévères devant des résistances durables: il est toujours bien difficile de savoir de quoi elles procèdent et en particulier il faut toujours se souvenir de l’extrême fatigabilité qu’entraîne toute cérébrolésion et même très à distance de l’accident ; on sait aussi que la réparation cérébrale est conditionnée par certains gènes de prédestination et que de ce point de vue tout le monde n’est pas à égalité.

C’est pourquoi le projet de vie qui est un élément fondamental pour l’orientation de cette période doit pouvoir s’adapter à tout moment aux imprévus qui ne manqueront pas de se produire.

Les trois sous-chapitres suivants nous permettront d’entrer dans davantage de détails ; mais il ne faut pas perdre de vue que ces trois phases s’interpénètrent les unes les autres pour le meilleur résultat possible. Leurs descriptions sont essentiellement tirées de l’expérience du Docteur Edwige Richer (vice-présidente de notre association) qui fut une des pionnières de la rééducation des traumatisés crâniens en Aquitaine et Chef de Service de Château-Rauzé jusqu’en 2016.

 

Date de la dernière modification : 22 février 2019