TC léger

Après un choc à la tête (ou après un processus d’accélération-décéleration brutale type”coup du lapin”) on parle de traumatisme crânien léger (TCL) quand certains signes sont en faveur d’ un ébranlement discret mais réel du cerveau.

Ce sont à la fois des signes d’alarme indiquant qu’une consultation médicale est hautement souhaitable mais qui permettent également de les différencier des traumatismes crâniens plus graves appelés modérés ou sévères.

Ces signes sont:

  • une altération de l’état mental (même discret) au moment de l’accident pouvant aller jusqu’à une perte de connaissance mais cette dernière ne doit pas dépasser 30 mn ; auquel cas il ne s’agit plus d’un traumatisme crânien léger.
  • une perte du souvenir de l’accident et des évènements qui lui succèdent (amnésie post-traumatique) ne devant pas dépasser 24 heures.
  • un déficit neurologique transitoire et isolé (parésie, difficulté du langage,crise d’épilepsie …)
  • une baisse très discrète du score de Glasgow (GCS) constaté 30 mn après l’accident que seul un médecin habitué peut affirmer (ce qui est souvent difficile car peu de traumatisés crâniens arrivent aussi rapidement à l’hôpital!)

LA PRÉSENCE D’AU MOINS UN DE CES SIGNES AUTHENTIFIE UN TRAUMATISME CRÂNIEN LÉGER ; mais au moindre doute il vaut mieux consulter inutilement le service d’urgence le plus proche que de méconnaitre un TCL susceptible de se compliquer.

Cette consultation aura aussi l’immense avantage de pouvoir faire établir un certificat médical initial qui peut être d’ une grande importance en cas de complication ultérieure.

Fréquence du TCL

Sur 150.000 TC se présentant chaque année aux urgences des hopitaux en France les TCL représentent environ 80% des cas soit 120.000 patients ; cette incidence est sans doute très sous-évaluée car beaucoup de TCL ne consultent pas dans les suites immédiates de l’accident.

Évolution à court terme

La plupart du temps favorable, les suite immédiates et proches de l’accident sont assez souvent marquées par unsyndrome commotionnel ; sans gravité particulière, celui-ci, quand il existe, associe en proportion variable les troubles somatiques et neuro-psychologiques suivants:

  • troubles somatiques : céphalées (maux de tête), troubles de l’équilibre (vertiges), troubles auditifs (acouphènes, intolérance aux bruits), troubles visuels (éblouissements, voile devant les yeux, intolérance à la lumière vive etc…) ; fatigue inhabituelle.
  • troubles neuro-psychologiques : troubles de mémoire ; difficultés d’attention et de concentration ; irritabilité ; tendance dépressive.

Ces troubles souvent très gênants disparaitront dans 80% des cas dans un délai de 3 mois ; les troubles somatiques sont les premiers à régresser ; les troubles neuro-psychologiques sont souvent à leur maximum un mois après l’accident et régressent plus lentement.

La possibilité rare mais grave d’une complication neurologique aiguë (hématome et œdème cérébral ) est une éventualité toujours à redouter dans le TCL ; elle survient dans 1% des cas environ et essentiellement dans les premières 24 h ; elle justifie que tout TCL soit examiné aux urgences hospitalières dans les meilleurs délais ; il est important de savoir que certains hématomes extraduraux peuvent succéder à un traumatisme crânien d’apparence mineure: les signes sont alors l’apparition d’une baisse rapide de l’état de conscience pouvant être associée à des vomissements et des maux de tête après un “intervalle libre” (période sans anomalie) de quelques minutes à quelques heures : il s’agit d’une urgence neurochirurgicale absolue !

La commotion cérébrale du sportif pose un problème particulier : en effet il a été prouvé qu’une deuxième commotion même mineure survenant dans les minutes ou dans les heures suivantes pouvait majorer de façon importante les risques cérébraux ; d’où la règle habituelle de ne pas autoriser le joueur à reprendre la partie dans ces conditions.

Évolution à moyen et plus long terme :
“le syndrome
post-commotionnel ou SPC”

Le SPC est une complication particulière du TCL. Suivant les critères retenus il est rencontré dans 10 à 30 % des TCL ; mais le chiffre de 10% est le plus souvent avancé. Il fait suite au syndrome commotionnel et en partage les principaux signes mais sa caractéristique est de s’inscrire dans la durée ; on ne peut parler de SPC que si persistent des signes évocateurs 3 mois après le traumatisme initial.

En théorie il associe 3 séries de symptômes et on estime que le blessé doit présenter au moins un symptôme de chaque série pour évoquer cette complication:

  • plaintes somatiques (ou physiques) : maux de tête ; douleurs cervicales ; troubles de l’équilibre ; troubles de l’audition ; intolérance aux bruits ; flou visuel ; fatigue démesurée.
  • plaintes cognitives (ou intellectuelles) : troubles de l’attention ; troubles de la concentration ; troubles de la mémoire.
  • plaintes comportementales et/ou affectives : irritabilité ; impatience ; anxiété ; dépression ; labilité émotionnelle.

La durée du SPC est variable mais peut s’étendre et fluctuer, dans certains cas, sur un temps prolongé et être réellement handicapant dans la vie familiale et plus encore dans la vie professionnelle.

Il ne s’agit pas d’un syndrome spécifique du traumatisme crânien car il peut se produire à la suite d’autres évènements traumatiques (traumatisme des membres inférieurs notamment) mais avec une fréquence beaucoup plus faible ; enfin des investigations radiologiques récentes et très poussées (IRM avec tenseur de diffusion) paraissent bien montrer la présence de lésions organiques dans la substance blanche de certains patients présentant un SPC .

Le SPC doit être différencié du PTSD (syndrome de stress post-traumatique) qui survient dans des contextes particuliers de traumatismes psychiques prédominants (attentat, catastrophe naturelle et…) ; ce dernier se caractérise par des phénomènes de reviviscence envahissante avec rêves répétitifs et hyper-mémorisations douloureuses que l’on ne retrouve pas dans le SPC.

Accompagnement du TCL

Il semble que l’accompagnement médicalisé du TCL puisse limiter les évolutions défavorables vers un SPC .

Cet accompagnement comprend:

  • d’abord le dépistage des facteurs de risque (on sait que certains antécédents personnels favorisent l’émergence des SPC)
  • ensuite une écoute attentive (sorte de” débriefing” comme pour le PTSD) et des informations claires et complètes pour le patient et sa famille sur la nature exacte de son traumatisme et les conséquences potentielles.
  • enfin une rééducation cognitive qui dure le temps des symptômes voire au delà par un personnel spécialisé et en collaboration étroite avec le médecin traitant.
  • dans les SPC très résistants, les méthodes cognitivo-comportementales semblent donner de bons résultats.

Retour au travail ou à la vie scolaire

Le retour au travail chez le TCL adulte est toujours un moment très important ; c’est souvent à ce moment là qu’il va se trouver confronté à des difficultés cognitives qui lui avaient échappé quand il était en convalescence ; d’autant que ces dernières sont souvent à leur maximum vers la fin du premier mois . Le seul fait de le savoir permet d’anticiper et de relativiser .

Pour l’enfant, certains spécialistes estiment que ce dernier ne doit pas retourner à l’école tant qu’il reste symptomatique ; mais pour d’autres il faut trouver un bon équilibre entre une reprise trop précoce qui risque de le fatiguer inutilement, et trop tardive qui empêche son réentrainement (cf sites France Traumatisme Crânien et Ministère de l’Education Nationale). Dans tous les cas il est important que l’enseignant soit mis au courant.

Réparation

C’est un point important du TCL et notamment en cas de SPC prolongé et invalidant ; en effet son retentissement sur la vie sociale et professionnelle peut donner lieu à une réparation indemnitaire (on conseille alors de demander l’avis d’un avocat spécialisé dans le traumatisme crânien!) ; par ailleurs la reconnaissance du préjudice encouru est souvent bénéfique au blessé sur le plan psychologique sur qui plane souvent, de la part d’intervenants mal informés, le soupçon de plaintes exagérées ou infondées.


Lectures – références

Le traumatisme crânien ; guide à l’usage des proches
Michel Leclercq
édition Solal

Le traumatisme crânien léger ou modéré : un handicap négligé
H.Curallucci, V.Tcherniack,J. Vion-Dury ;
édition Solal

 

 

Date de la dernière modification : 29 avril 2017

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