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Témoignage de Julie

 

Bonjour à tous,

Je m’appelle Julie, j’ai 22 ans et je suis étudiante à Bordeaux.

En avril 2017, j’ai été victime d’un grave accident de la route : traumatisme crânien sévère.

Héliportée au CHU de Bordeaux, j’ai été prise en charge par une équipe médicale performante – qui m’a sauvé la vie et que je remercie infiniment chaque jour.

C’est ici que débute mon histoire.

Ayant 21 ans le jour de mon accident, ma vie a basculé du jour au lendemain.

Animée par une violente envie de retrouver ma vie, chaque jour était un combat : je me suis battue sans relâche, j’ai sans cesse repoussé mes limites, dans l’espoir de franchir la ligne d’arrivée. C’était mon objectif, mon but ultime, et je ne comptais pas baisser les bras avant d’y parvenir. Le soutien de mes proches a été un véritable moteur dans ma rééducation : il m’a permis de tenir le coup lorsque je pensais ne jamais m’en sortir.

Mon chemin – comme celui de tous les cérébrolésés – est unique. Il a été semé d’embûches, de hauts et de bas perpétuels, de nombreuses larmes de joie et de tristesse.

Aujourd’hui, un an après mon accident, je peux dire que j’y suis parvenue ; tout n’est pas parfait, il me reste du chemin à parcourir, mais j’y suis arrivée. J’ai repris le cours de ma vie et cela n’a pas de prix !

Si je devais vous faire passer un message, je vous ferai passer celui-ci : profitez de la vie.

La vie est belle et tous les bons moments sont à apprécier à leur juste valeur. On ne sait pas de quoi demain est fait. Aujourd’hui, je peux dire que j’aime la vie, que j’aime MA vie… et que je l’aime bien plus qu’avant mon accident !

J’ai tiré – et je tire encore aujourd’hui – une leçon de cette épreuve ; c’est un véritable chemin initiatique qui me rend tous les jours meilleure.

Le temps fait son oeuvre, soyez patients et combatifs.

Un immense merci à toutes les équipes médicales qui m’ont suivies hier, me suivent aujourd’hui et me suivront demain.

Un merci infini à ma famille, mes amis et tous mes proches : cette épreuve de vie et ce combat sont les miens mais aussi les leurs.

Mon chemin continue et le vôtre aussi, chers cérébrolésés.

Il est important de ne jamais baisser les bras.

Nos pleurs d’hier deviendront nos forces de demain.

La vie suspendue de Olivier Mayeux : Livre de témoignages

 

LA VIE SUSPENDUE  . Olivier Mayeux . Ed JM Place. réédition 1998

Un beau jeune homme de vingt-deux ans, sportif, heureux de vivre, est victime d’un dramatique accident de la circulation en empruntant un passage piéton, dans le centre de Paris.
Sa vie bascule dans un coma profond.
Pour son entourage commence une longue lutte contre une mort annoncée.
L’auteur raconte les faits et le combat obstiné, jour après jour, année après année,lors duquel alternent  découragement
et espoir

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Le pupitre dans la mer  – Guillaume Bajotet ( Ed 2017)

1999, le début du mois d’août, les vacances, l’insouciance, une balade à vélo, une route sinueuse, une descente, l’air, la vitesse, 14 ans, le bonheur et puis… le trou noir, la chute, le choc, l’horreur. Guillaume évoque dans ces quelques pages son épreuve puis sa difficile reconstruction. Il y a un avant et un après ; l’avant avec son cortège de souvenirs d’enfance, l’après à imaginer avec une personnalité différente, avec des capacités modifiées, comme une exuvie, un autre moi à trouver, un autre avenir à inventer. Témoignage saisissant, mais aussi force de la volonté et du courage, ce petit récit voudrait aussi être un avertissement, une mise en garde à l’impétuosité de la jeunesse

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Patrick


Patrick Lefèvre a été le premier Président de l’AFTC Gironde ; à ce titre on peut même dire qu’il fut le premier président de toutes les AFTC, puisque l’AFTC Gironde fut la première créée sous l’impulsion du Pr Cohadon et du Dr Richer.

Nous reproduisons avec son accord un texte qu’il avait lui-même rédigé et qui retraçait son parcours de traumatisé crânien ; il l’avait intitulé :

” Retour à la vie.”

 

“Dès qu’il est redevenu conscient , Patrick a su que sa deuxième vie ne se passerait pas sans ombrage. Même s’il l’a prise à bras le corps , il ne s’attendait pas à ce que la lutte soit si longue et que cette lutte allait concerner également sa famille , ses proches et son entourage. Après ses vingt jours de coma et ses trois mois et demi d’hôpital , une fois sa rééducation achevée , le plus dur restait à faire.

En effet , le bébé de 29 ans qu’il était devenu devait réapprendre à parler , à écrire , à lire , enfin tout ce qu’un enfant de six ans fait journellement.

L’âge , il s’en foutait.

Par contre , il pensait à son passé professionnel , à tous ses diplômes obtenus ; il pensait à cette courbe ascendante qu’il était en train de gravir , à son dernier poste professionnel : “Directeur d’une Centrale d’Achats”. Le 19 mai 1979 , la courbe s’était brisée.

En effet , ce que l’on ne peut souhaiter à personne lui était arrivé : “l’accident de voiture”. Boum!   d’abord le choc avec une voiture puis le camion qui le traîne sur vingt mètres. Comme toujours en plein brouillard , les longues lignes droites des Landes sont mortelles. On l’avait cru mort.

Après l’intervention du SAMU, qu’il remercie encore , ainsi que les professeurs , médecins , infirmières et aides-soignantes de l’hôpital Layne de Mont- de- Marsan , il était , onze jours après, transporté d’urgence en hélicoptère à l’hôpital de Bordeaux.

Ce n’était pas ses fractures : crâne , côtes , épaule , hanche , ni sa rate éclatée , son enfoncement du thorax , son traumatisme abdominal , éventration , multiples problèmes urinaires , enfin tout ce qu’il faut pour faire un homme qui était la cause de son transport au Tripode , mais c’était un problème respiratoire et un début d’hémiplégie côté droit.

Enfin , comme il n’était pas seul dans ce cas , inutile de s’étendre davantage ; parlons plutôt des familles qui vivent cette période et découvrent un être cher dans le coma.

Le Coma ! Quelle incertitude pour les familles!

Va-t-il se réveiller? L’attente est longue et pénible à supporter.

Pourtant , cet être qui dort profondément doit être réveillé et , même si les visites sont dures à supporter , même si l’autre monde dans lequel il vit nous isole de lui , vous devez absolument parler , évoquer les souvenirs qui ont pu marquer sa vie de tous les jours et répéter , répéter sans cesse , sans avoir de réponse , des paroles dans le vide ; un monologue qui va , à un certain moment ,provoquer une étincelle dans sa nuit , le rappeler à la vie consciente.

Vous devez participer et déclencher le réveil de l’accidenté. Je sais que ce n’est pas facile et trop souvent , comme vous vous pensez inutile et dans le désarroi , vous en voulez aux personnes du service qui , elles , n’y sont pour rien.

Faites confiance aux équipes qui l’entourent.Aux équipes qui , tout au long de leur travail , font parler leur coeur , leur technicité , leur joie ou leur peine.

Aujourd’hui , six ans après son accident , Patrick est Président de “l’Association de Familles de Traumatisés Crâniens” et , en contact avec le personnel du service de réanimation , il découvre encore dans la vie quotidienne , le travail , la patience et l’aide qu’apporte le personnel de ce service de réanimation qui vit l’angoisse des familles.

Alors lui, qui a vécu cette période , visite les accidentés dans les services de réanimation , soins intensifs et dans différents services concernés et c’est avec amour qu’il aide les familles qui habitent loin de Bordeaux et qui ne peuvent se déplacer tous les jours.

Cette aide à court terme est importante. Elle réconforte le coeur des familles qui subissent cette dure épreuve et , de plus , elle les prépare à supporter et à accepter les différentes étapes que le blessé aura à suivre par la suite.

Le  réveil

Il ou elle se réveille:

Ça  y est , il ouvre les yeux mais ne reconnait pas ceux qui l’entourent!

Il dit n’importe quoi !

Alors , en pleurant  , ses proches pensent qu’il sera fou toute sa vie. Attention ! Ne dites pas n’importe quoi ! Fou , il ne le sera pas.

Il est en train de passer la deuxième phase.

Et  là , toujours et même plus que pendant la période de coma , ses proches vont lui parler normalement  et non pas comme l’on parle à un bébé.

C’est un homme , c’est une femme .Même s’il ne vous a pas reconnu , même s’il ne vous le demande pas , il est avide de vous entendre.

Vous devez participer activement au réveil et le solliciter au maximum.

Même si chaque blessé est un cas particulier , pour la plupart d’entre eux , les phases qu’ils vivent et qu’ils vous font vivre sont normales.

Patrick les a traversées et la phase de réveil a parfois fait rire sa femme et ses amis lorsqu’il confondait “fromage et draps de lit , glace et veste” etc…Ne vous inquiétez pas de cette confusion et faites abstraction des mauvaises idées qui vous rongent bêtement l’esprit.

Quand il sort du service de réanimation , il est dirigé dans la salle de soins intensifs ou dans une chambre des services concernés par ses troubles.

Alors, même scénario , il faut continuer la stimulation de votre blessé avant qu’un Centre de Rééducation , à Cénac ou ailleurs puisse le recevoir.

Avant de poursuivre , j’ouvre une parenthèse.

Connaissant bien le Château Rauzé à Cénac , “Centre de Rééducation pour Traumatisés Crâniens” pour y avoir fait ma rééducation , je vais vous écrire quelques mots à son sujet.

D’abord , lorsque pour la première fois l’accidenté pénètre dans cet établissement ( NB : c’était en 1980!) qui ne compte malheureusement que 25 lits , les familles font la grimace et sont étonnées de l’aspect intérieur qui est loin de rappeler l’architecture d’un hôpital.

Pensant que leur blessé ne pourra s’habituer à ce cadre quelconque , c’est avec un grand désarroi qu’elles le laisse entre ces murs et en présence des autres handicapés plus ou moins atteints que lui. Absurde ! Si vous trouvez que le vin est bon , vous ne regarderez pas si la bouteille est sale et l’étiquette illisible !

Votre enfant , votre conjoint ou parent est entre les mains d’une équipe , une grande famille , dont les compétences , les capacités , l’amour pour les blessés et l’envie de les voir progresser puis partir définitivement chez eux , entièrement rétablis, ne permettent plus de s’attarder et s’inquiéter pour ce genre de détails.

Entourés de médecins , kinésis , orthophonistes , ergothérapeutes , psychologues , psychiatres , infirmières , aides-soignantes , personnel administratif dont l’action doit être étroitement coordonnée , les accidentés auront les meilleurs chances d’arriver à de bons résultats , surtout si vous les y aidez.

C’est cette aide qui est importante et sans doute , au moment où vous confiez votre blessé à l’équipe du Centre , ne comprenez vous pas trop ce que celle-ci attend de vous.

Souvent , les proches me disent :”depuis son accident , il n’a plus de copains , sa fiancée l’a quitté ou sa femme veut divorcer”.

Peu importe .Avant toute chose , l’important , c’est lui . Cette période de rééducation est trop importante.

Lui seul est la Carte Majeure.

Je suis arrivé à Château Rauzé dans un fauteuil roulant. Francis , le kinési , un homme dynamique et qui aime avant tout les traumatisés, m’a fait mettre debout et m’a dit “marche”.

J’ai fait un pas et puis Boum !

Il faut savoir qu’avant l’accident , je pesais 87 kg et qu’après ma sortie de l’hôpital , j’en pesais 49 ; la peau et les os . Il avait bien triste mine le “Directeur”.

Après ma chute , vexé , je l’ai regardé en pensant : “Petit con , je te montrerai que je n’ai pas besoin de toi pour marcher”.

Un autre jour , alors que je m’accrochais aux branches pour faire deux pas , Francis a eu le toupet de me tutoyer et moi , toujours fier de ma personne , je lui rétorquais : “on dit Monsieur LEFEVRE “. Il ricanait et avait compris qu’en moi s’était déclenchée l’envie de me battre et surtout l’envie de lui montrer que j’étais un homme.

Sacré Francis , il avait gagné !

Il avait trouvé le point clé qui me permettrait de faire le maximum dans la rééducation ; si bien que trois semaines plus tard , je marchais tout seul.

Cette leçon , je l’applique maintenant lorsque je suis avec les handicapés de l’hôpital , au Château Rauzé.

Bien entendu , je ne veux pas faire de mon cas une généralité , car je sais que mon handicap ne peut être comparé au handicap d’un autre accidenté.

Mais , il vous faut retenir ceci et c’est très important : chaque accidenté possède un point clé et vous , pére , mère , frère ou épouse devez le déceler  parce qu’il trace cette courbe ascendante qu’il va grimper tous les jours.

 

Date de la dernière modification : 30 avril 2017

 

 

Témoignages

Les témoignages des familles et des cérébrolésés eux-mêmes sont très importants pour notre association; chaque cas, chaque trajet de vie est unique et il est certain qu’il ne se reproduira jamais à l’identique; par ailleurs les conséquences de la cérébrolésion et plus spécialement du traumatisme crânien créent une association de séquelles extrêmement disparates: le mélange de  troubles physiques et cognitifs à des degrés divers, mais aussi du statut social, des acquis antérieurs, du contexte familial sans parler de l’âge du blessé au moment de l’accident forme une constellation de cas particuliers qui rendent chaque expérience personnelle hors de tout paradigme.

Cependant , malgré ces différences, il existe de nombreux points communs dans la façon de vivre l’épreuve, tant du côté du patient lui-même que de sa famille; par exemple pour les traumatisés crânien la survenue  très fréquente de l’accident  chez un sujet jeune qui avait “toute sa vie devant lui”, peut-être aussi une sorte d’ inconscient collectif  d’avoir survécu au pire, tant les accidents de la circulation l’approchent par leurs brutalités, rendent les blessés étonnamment solidaires à l’heure des séquelles; à tel point que les tentatives de mixité avec d’autres pathologies voisines se soldent souvent par des échecs.

Quant aux familles, les longs jours d’angoisse dans les suites immédiates de l’accident , la douloureuse incertitude liée à la quasi-impossibilité pour les médecins de se prononcer sur les séquelles définitives, non seulement au début mais aussi tout au long du processus de réhabilitation, les difficultés pour faire face aux problèmes administratifs, juridiques, familiaux ont fini par les forger dans un “moule commun” fait de courage , de patience, mais aussi de sentiments complexes passant de la culpabilité à la colère non sans avoir rencontré la tristesse,quelquefois la dépression, le déni  et bien d’autres  idées noires… mais aussi l’espoir,le renoncement et enfin la résilience.

De tout cela certaines familles et certains cérébrolésés veulent témoigner pour partager ces trajectoires faites de moments de douleur, de doutes mais aussi d’espoir et quelquefois de bonheur quand une marche presque inespérée a pu être franchie ou un projet tant désiré enfin réalisé.

D’autres (ou les mêmes) voudront aussi parler des problèmes pratiques qu’ils ont rencontrés et qu’ils ont peut-être fini par résoudre ou qu’ils rencontrent encore; cela nous aidera forcément à avancer en faisant partager les expériences; toutes les informations sont utiles tant les “cailloux”sont nombreux.

D’autres enfin voudront peut-être donner des conseils de prudence et de sagesse à ceux que la vie a épargnés jusque-là pour qu’un tel drame ne leur arrive pas.

Si vous souhaitez que votre témoignage soit publié dans cette rubrique, il suffit de nous envoyer votre texte  de la longueur désirée;  si les textes sont courts (moins d’une page vous pouvez nous les envoyer par écrit, mais déchiffrables!) ; au delà les envoyer par internet !

Les adresses d’envoi :

par écrit: AFTC  Gironde 29 rue des Sablières 33800 Bordeaux

par mail: contact@aftc-gironde.org

En fin de courrier laissez votre nom,  prénom adresse et numéro de téléphone (ou adresse mail) pour que nous puissions vous joindre avant publication.

Indiquez aussi :” je souhaite que mon courrier soit publié sur le site AFTC Gironde “et signez-le  si c’est un écrit.En effet publié sur le site il passe obligatoirement dans le domaine public.

Enfin indiquez  si vous souhaitez qu’un nom ou prénom soit indiqué sur l’onglet correspondant et en fin de témoignage (comme sur les témoignages déjà existants) ; sinon dites : “je préfère l’anonymat”: l’onglet indiquera alors seulement” témoignage” et l’année d’envoi du courrier.

Si vous êtes vous-même cérébrolésé  et si vous êtes sous mesure de protection juridique il faudra l’autorisation du tuteur pour la publication.

Date de la dernière modification : 11 octobre 2017